Un député veut mettre fin à une pratique peu connue : à l’Assemblée nationale, l’alcool servi à la buvette des parlementaires est non seulement autorisé, mais peut aussi être remboursé via les frais de mandat. Quand les restrictions budgétaires touchent tous les Français, cette règle surprend et suscite la controverse.
Un député du Loiret défie la tradition parlementaire

Le 31 octobre, Emmanuel Duplessy, député Génération.s du Loiret, a officiellement proposé d’interdire la vente d’alcool à la buvette de l’Assemblée nationale, située à quelques mètres de l’hémicycle. Il souhaite également empêcher le remboursement de ces consommations via l’Avance de frais de mandat (AFM), une enveloppe de 6 353 euros mensuelle versée à chaque élu pour ses dépenses professionnelles.
Pour le député, il est incompréhensible que l’Assemblée ne respecte pas la même sobriété imposée aux entreprises françaises. Il estime qu’il s’agit d’un enjeu d’exemplarité alors que les citoyens subissent des efforts de rigueur. « Je ne vois pas ce qui justifie que des députés puissent y consommer de l’alcool », déclare-t-il. La somme dépensée reste modeste (environ 30 euros remboursés par an et par député), mais la symbolique est forte.
Un débat sur l’exemplarité et le rapport à l’argent public
La proposition s’appuie sur une idée simple : l’Assemblée nationale doit se comporter comme n’importe quel espace de travail. Si la majorité des employés français n’a pas le droit de boire de l’alcool pendant leur service, pourquoi les députés y auraient-ils accès… et se le feraient rembourser ?
Pour Emmanuel Duplessy, le temps est venu d’aligner les pratiques des parlementaires sur celles de la société civile et d’éviter tout soupçon de privilège inutile : « Ce n’est pas interdire l’alcool, c’est juste appliquer la règle de droit commun. » Des exceptions sont envisagées pour les dîners officiels : l’objectif est de viser la consommation de confort dans les couloirs, pas de restreindre totalement la convivialité institutionnelle.
Des réactions contrastées au sein de l’hémicycle
La proposition de Duplessy fait réagir. Certains députés estiment la réforme symbolique mais nécessaire pour restaurer la confiance, alors que d’autres dénoncent une mesure « hors sujet » ou jugent que d’autres priorités devraient primer. Laurent Jacobelli (RN) ironise : « Les députés écologistes veulent interdire le vin comme le barbecue. » D’autres rappellent que le montant en jeu reste faible, mais reconnaissent l’importance d’éviter tout geste qui puisse entacher l’image de l’Assemblée.
« On parle d’exemplarité. Pour décider l’avenir de la nation, a-t-on besoin de boire de l’alcool ? » – Emmanuel Duplessy
Quelles conséquences si la mesure passe ?
Le débat est lancé et pourrait ouvrir la voie à un toilettage plus global des règles internes de l’Assemblée. Pour certains, ce type de réforme est attendu par une société en demande de probité et de transparence : limiter les dépenses non essentielles, montrer l’exemple, et rapprocher les représentants des réalités quotidiennes vécues par l’ensemble des Français.
Ce nouveau sujet agite les couloirs du Palais-Bourbon… et la question reste entière : les députés doivent-ils continuer à se servir d’avantages symboliques là où la grande majorité doit serrer la ceinture ? Votre avis ? Le débat est loin d’être clos… Si ce sujet interpelle, pensez à le partager autour de vous pour enrichir la discussion !



4 réponses
C est tout à fait normal, ils doivent montré l’exemple comme les travailleurs.
Je suis tout à fait d’accord ne pas consommer d’alcool au cours de son travail donc les premiers qui votent les lois doivent se conformer aux mêmes exigences que le peuple. Aucune raisons qu’ils
échappent aux règles qu’ils ont instituées “Messieurs les députés.”
Évidemment puisque que l alcool est interdit sur le lieu de travail. Mais comme d habitude deux poids deux mesure et comment peuvent ils encore être crédibles.
L alcool est interdit sur SON LIEU DE TRAVAIL, la loi est pour tout le monde..!!!