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Il vend tout à 72 ans et part en fût sur la Garonne : la traversée qui bouleverse Marmande

Femme âgée près d'un tonneau devant maison à Marmande
Sommaire

Un matin de janvier à Marmande, la sonnette retentit chez Simone, 72 ans. Sur le perron, un voisin se fige en voyant le conteneur cylindrique posé sur sa remorque : « Vous partez où comme ça, Simone ? » Elle lève les yeux, un brin de malice dans la voix : « Je descends la Garonne jusqu’à Bordeaux. Dans ce tonneau. »

Lettre d’adieu et valises improvisées

Main âgée glissant une lettre, valises ouvertes

Simone n’en peut plus de la solitude du pavillon. Depuis que ses enfants ont quitté la région, que la vie de quartier s’est éteinte, tout lui paraît trop grand, trop vide. Mais alors, une idée germe. Plutôt que d’attendre qu’on décide pour elle – EHPAD, maison plus petite, ou déménagement bradé – elle va choisir son départ. Loin des formulaires, des listes d’attente et des rendez-vous épuisants à la mairie, elle se fabrique, en secret, un tonneau de bois renforcé. Comme une arche minuscule, à la fois refuge et bras d’honneur à la bureaucratie. « Un test, pour voir jusqu’où me porteront le courant et mon courage. »

Tout commence par un ras-le-bol d’administration

Au fil des années, Simone a accumulé les courriers de la CAF, des caisses de retraite, du département. Un formulaire C-23 oublié ici, une date limite manquée là, la peur sourde de la radiation. Elle se fait accompagner, sollicite un conseiller municipal, mais ne parvient plus à suivre. Un matin, le couperet tombe : « Trop d’irrégularités dans vos justificatifs. Le Conseil départemental envisage de suspendre l’APA. » C’est là, dans cet effondrement, qu’elle décide de larguer les amarres. « Même la Garonne me paraît moins agitée que ces dossiers à remplir. »

Entre doute et grand large

Femme âgée de dos sur tonneau flottant Garonne

Le départ fait jaser. Tôt ce matin-là, Simone embarque quelques affaires dans son tonneau : ses journaux, quatre boîtes de conserve, le radio du salon, et ce fameux dossier de la CAF qu’elle n’a jamais su classer. Dès les premiers mètres, le courant s’emporte, le bruit du bois résonne contre les berges. Il aurait fallu prévenir sa fille, mais elle ne veut ni la faire culpabiliser, ni entendre encore les promesses « on va s’occuper de toi, t’inquiète ». Elle lâche prise, portée par une détermination mêlée d’angoisse. « C’est une drôle de sensation, d’être à la fois si près de tout et déjà loin de tous. »

Les surprises de la route

Bien sûr, tout n’est pas paisible. À Langon, la police fluviale la rattrape, inquiète pour sa sécurité. Elle s’énerve, explique : « Je veux juste arriver jusqu’à Bordeaux. Je ne fraude pas, je n’en peux plus du système. » Un officier compatit, l’aide à s’amarrer le temps d’une nuit. La presse locale s’empare de l’affaire : « Une septuagénaire descend la Garonne en tonneau pour fuir la paperasse ! » Simone ne réalise pas l’ampleur de son petit geste. On l’arrête, la mairie s’agace, une enquête sociale est ouverte. Mais quelque part, la rumeur s’attache à son courage plus qu’à sa folie.

« Je préfère le roulis de la Garonne à celui des dossiers à remplir… » confie-t-elle lors d’une escale improvisée.

Quand l’intime devient collectif

La dérive de Simone coûte cher : son expédition improvisée mobilise pompiers, travailleurs sociaux et, in fine, son allocation d’aide à l’autonomie s’en trouve gelée jusqu’à régularisation – 3 200 € de soutien suspendus, peut-être à jamais. Mais son histoire suscite un élan inédit. Des voisins proposent de vider son pavillon à plusieurs, de l’aider à trier papiers et souvenirs, « pas pour l’enfermer, mais pour lui refaire une place où elle se sente bien ».

Et maintenant ?

Simone ne regrette rien. Sa traversée n’aura pas résolu ses ennuis administratifs, mais elle a réveillé des solidarités endormies. Elle a voulu prouver qu’il y a des soifs de liberté chez les plus âgés aussi, et que l’angoisse de finir seule est parfois plus lourde que les vagues.

« Au moins, je ne disparais pas dans le silence. »

Cette histoire vous touche ? Avez-vous déjà eu envie de tout quitter face au poids de l’administration ? Partagez votre vécu ou vos conseils dans les commentaires, et n’hésitez pas à transmettre cette histoire à une personne qui pourrait s’y reconnaître ! Peut-être qu’ensemble, on peut rendre ces transitions moins solitaires – et moins absurdes.

2 réponses

  1. Ne pas disparaître dans le silence, n’est-ce pas ce à quoi nous aspirons tous ? …Parfois un départ provoqué par un trop plein tellement rempli de vide ,de solitude ne donne qu’une issue …celle de partir et d’oublier , même un instant, de tout ce qui nous envahit…..

  2. La détermination le courage et la force de vivre, j’admire beaucoup ce que vous avez fait,,, maintenant il faut que les autorités l’entendre,,il faudrait en faire un livre voir un film pour sensibiliser l’état, merci mme pour ce courage,

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