Un matin glacial, Hélène* s’inquiète du froid qui s’infiltre dans le couloir menant à la chambre de sa mère âgée. Doit-elle pousser la chaudière, risquer la facture, ou craindre pour la santé de sa maman ? Derrière la question du bon réglage se cachent les réalités nouvelles de l’hiver 2024-2025… et beaucoup d’angoisse pour ceux qui veillent sur leurs proches.
« Les 19 °C, c’est une époque révolue » : entretien avec Victor, expert en chauffage solidaire

Victor accompagne depuis quinze ans les familles et seniors qui veulent mieux chauffer leur logement sans gaspiller d’énergie ni sacrifier leur confort. Il partage ici sa vision actualisée… et quelques conseils précieux face à l’hiver qui s’annonce.
Pourquoi la règle des 19 °C ne suffit plus pour protéger confort et santé ?
Victor : « La règle des 19 °C est née quand nos habitats étaient mal isolés et qu’il fallait faire simple pour économiser le fioul. Depuis, tout a changé : meilleurs vitrages, isolation renforcée, systèmes intelligents. Aujourd’hui, proposer la même température partout n’a plus de sens, surtout pour nos aînés plus sensibles au froid. L’idéal, c’est d’adapter la chaleur à chaque pièce et à la fragilité des occupants. »
Comment bien ajuster selon les pièces ?
Victor : « Une vraie gestion pièce par pièce fait toute la différence. Pour les salons et cuisines, je préconise 20 °C : on y vit, on reçoit, on se détend, il faut y préserver une atmosphère confortable. Les chambres adultes ? 16 à 18 °C suffisent largement pour un bon sommeil, tant qu’on a une bonne couette. Pour une chambre d’enfant ou de personne âgée fragile, viser 18 à 19 °C sécurise sans surchauffer. Et en salle de bain, on peut monter à 22 °C avant/après la douche pour éviter tout risque de coup de froid. »
Quels impacts sur la santé des seniors ou des personnes fragiles ?
Victor : « Un air trop froid dans l’habitat favorise infections, douleurs articulaires et peut faire chuter l’immunité chez les plus âgés. Mais la surchauffe, surtout la nuit, n’est pas meilleure : elle gêne le sommeil. Ce qui compte, c’est l’équilibre et la ventilation régulière, même en hiver ! »
« J’ai vu de nombreux aînés retrouver le moral juste en passant d’une maison froide à un logement bien tempéré, mais sans excès. On dort mieux, on vit mieux, c’est évident. »
Isoler reste-t-il prioritaire pour concilier économie et confort ?
Victor : « L’isolation, c’est la base. Sans joints efficaces, sans rideaux épais ou tapis, toute la chaleur file… et on paie pour rien. Même un petit changement (tapis, boudins sous les portes) réduit la sensation de courant d’air. Les familles qui ont pu isoler leur logement me le disent : la différence de confort, c’est le jour et la nuit. »
En période d’inflation, comment préserver la facture tout en protégeant ses proches ?
Victor : « Outre la bonne température pièce par pièce, la vigilance sur la durée de chauffe compte beaucoup. On éteint les radiateurs où l’on ne vit pas. On pense aussi à aérer chaque jour : l’humidité donne vite un ressenti de froid, ce qui pousse à chauffer plus. Enfin, informer la famille, sensibiliser les aidants et choisir des vêtements adaptés peuvent éviter d’ouvrir le robinet du chauffage sans réfléchir. »
Et pour l’hiver prochain, quels nouveaux enjeux ?
Victor : « Les défis s’annoncent nombreux : coûts en hausse, hivers imprévisibles, besoins de confort accrus pour les personnes âgées à domicile. Les aides à la rénovation, comme MaPrimeRénov’, restent une chance à saisir. Je suis convaincu que c’est en changeant nos petites habitudes et en osant la personnalisation qu’on traversera les hivers à venir sans crainte pour nos proches. »
L’expérience de Victor résonne. Adapter le chauffage à chaque moment de vie, c’est plus qu’un luxe : c’est une attention concrète portée à la santé et au bien-être de ceux qu’on aime, tout en gardant une main sur le portefeuille. Et vous, avez-vous déjà repensé les températures chez vous, ou osé changer la routine héritée des hivers passés ? Votre expérience pourrait inspirer d’autres familles : partagez-la en commentaire ou autour de vous !
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.


