Tout a basculé en ouvrant la boîte aux lettres. Devant sa porte, Lucie* s’est figée : cinq courriers officiels, cinq amendes, plus de 1 200 € à régler et un permis en sursis… pour un simple retour de courses sur le parking Auchan d’Angers.
Un vendredi presque ordinaire qui vire au cauchemar

Lucie, 64 ans, venait d’aider sa mère en fauteuil à sortir les sacs du coffre. Fatiguée par sa journée, elle s’arrête à mi-chemin vers le chariot pour répondre à son portable. Pas de gyrophare, pas de mégaphone : personne n’est venu la sermonner. Sur le moment, rien ne laisse présager l’orage administratif à venir.
Une semaine plus tard, la série noire s’abat. “Je croyais à une erreur, puis j’ai vu les montants : 1 215 €, 27 points retirés d’un coup. On m’accusait d’avoir manipulé mon téléphone, roulé sans ceinture, coupé une ligne blanche et stationné dangereusement. Tout ça sans même quitter la place, devant maman”, souffle-t-elle.
“C’était humiliant, j’ai eu l’impression d’être traitée comme une délinquante alors que j’aidais juste ma mère.”
Quand la loi s’invite là où on ne l’attend pas
Pas de barrière à l’entrée, parking public, allées saturées par l’affluence du samedi : la réglementation frappe fort là où l’on pense être à l’abri. L’avocat sollicité le confirme : “Dès que le parking est ouvert à tous, le Code de la route s’applique aussi strictement que sur la chaussée. Téléphone à la main : 135 € plus 3 points. Ceinture oubliée ou mal attachée : idem. Et s’il n’y a pas de ligne blanche au sol ? La mention dans le procès-verbal suffit, à vous de prouver le contraire.”
Ce qui choque Lucie, c’est la brutalité du mécanisme : impossible d’anticiper. Aucun agent n’a fait d’observation directe. Toutes les infractions sont notifiées en bloc, par courrier, sur la foi d’un contrôle ponctuel ou d’une photo, sans contexte. Impossible pour elle de donner sa version immédiatement, la machine est lancée.
La mécanique infernale : sanctions, incompréhensions, isolement
Pour Lucie, chaque enveloppe reçue accentue le stress. Elle multiplie appels et sollicitations : impossible de joindre le service, explications évasives, menaces de majoration. “Un simple oubli se transforme en jugeote implacable. Je me suis sentie dépassée, seule, honteuse devant ma famille.”
Les conséquences sont lourdes : suspension possible du permis, déplacements impossibles pour sa mère, nuits blanches à tenter de reconstituer minute par minute ce fameux retour de courses.
Des erreurs et la galère de la contestation

En décortiquant les procès-verbaux, Lucie relève des incohérences : stationnement censé être “dangereux”, alors que la voiture n’a jamais bougé ; ligne blanche inexistante sur ce parking. Mais selon l’avocat, “la parole de l’agent prime, sauf preuve incontestable. Ils savent que très peu de gens iraient jusqu’au bout grâce à une expertise.”
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.



3 réponses
Pendant que la police fait un travail vital pour le trésor public ça deal tranquillement dans les quartiers. Bon après tout c’est quand même moins risqué,à chacun ces priorité monsieur le préfet. Il y a aussi de l’argent à récupérer près des camps de roms (stationnement gênant,depot d’ ordures sur la voie publique etc..) mais bon là aussi l’accueil est moins chaleureux
Pour le classement des villes où il fait bon vivre il faut oublier.
C est tjs les contriables qui prennent..pas les roms,pas les gens du voyage………
L’article montre surtout que l’agent administratif ne fait aucune différence : quand la machine se met en marche, c’est souvent l’automobiliste lambda qui trinque, peu importe son origine ou son histoire. Ici, ce sont les démarches de contestation (et la galère vécue par Lucie) qui posent vraiment question, pas l’identité de chacun ! Restons focus sur ce qui peut améliorer la situation pour tous.