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Je croyais qu’il fallait souffrir pour progresser : comment la méthode marche-course révèle l’envers du jogging

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Sommaire

Des milliers de débutants abandonnent le footing chaque année, rattrapés par la même lassitude : courir devrait rimer avec douleur et souffle court, ou rien. À l’origine de ce découragement, un mythe tenace, renforcé par le regard des autres et porté par des années de discours sportifs valorisant la souffrance comme seule voie légitime vers le progrès. Mais derrière cette idéologie, une méthode simple expose l’absurdité de ce dogme.

Derrière le mythe : pourquoi la souffrance est devenue la norme en course à pied

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Image d’illustration

Les racines de cette croyance remontent aux années 1980-90. À l’époque, les médias érigent l’effort extrême en modèle, glorifiant les compétiteurs capables d’aller « au bout d’eux-mêmes ». Ce récit s’infiltre chez les amateurs, jusqu’à convaincre les coureurs du dimanche que ralentir ou marcher serait honteux. « No pain, no gain » – un slogan qui mine l’estime de ceux qui tentent simplement de bouger pour leur santé, pas pour une médaille.

Pourtant, les victimes de ce mode de pensée sont nombreuses. Frustration, découragement, blessures : la course à tout prix brûle plus de volontés qu’elle n’en forge. L’idée même de s’arrêter quelques minutes pour marcher deviendrait un échec. Ce fonctionnement psychologique verrouille le plaisir et impose une épreuve là où il pourrait y avoir partage ou bien-être.

Ce que montre l’enquête : la méthode marche-course, une alternative oubliée mais validée

Pendant que la logique du dépassement s’impose, un autre mouvement existe discrètement. La méthode marche-course, basée sur l’alternance régulière de la marche rapide et du jogging léger, transforme la pratique et remet en cause la nécessité de souffrir. Ce protocole, validé par la physiologie sportive, réduit non seulement l’essoufflement, mais aussi le risque de blessure et le taux d’abandon dès les premières semaines.

Des recherches récentes confirment que 7 nouveaux pratiquants sur 10 tiennent plus longtemps avec cette alternance, alors qu’ils ne sont que 3 sur 10 à supporter un effort continu. Loin de « rabaisser » l’effort, la marche structurée crée un rythme accessible, découpe l’objectif en étapes franchissables et éloigne l’épuisement autant que l’ennui. Chaque cycle devient une victoire personnelle, là où la logique de la performance ne laisse place qu’au sentiment d’impuissance.

« J’ai tenté des débuts sans cette méthode : épuisement au bout de deux semaines. L’alternance m’a permis de retrouver du plaisir, sans souffrance inutile », raconte Claire*, 58 ans.

Freins psychologiques et responsabilité collective : qui alimente ce cercle vicieux ?

Arrêter de courir pour marcher reste perçu comme un aveu d’incapacité. Cette vision n’est pas qu’individuelle : elle trouve racine dans les « modèles » vantés partout, de la publicité à la salle de sport locale. Beaucoup se jugent sévèrement dès la première baisse de rythme, renforcés dans l’idée par un entourage peu informé et des discours médiatisés valorisant la performance sans compromis. Même face à la science, le regard social pèse plus lourd que la raison dans le choix de s’épuiser plutôt que d’adopter une stratégie bénéfique.

La méthode marche-course questionne donc tout un système : que transmettent vraiment nos modèles sportifs collectifs ? Faut-il continuer à exposer au regard, sur les réseaux ou lors des courses, ceux qui reprennent la main sur leur santé sans viser un chrono ?

Quels résultats à long terme ? Ce que dit l’expérience des anciens « exclus » du footing

Quand le corps est respecté, la motivation et la progression reviennent sans douleur. Claire* ne fait pas exception. Beaucoup de ceux qui tentaient vainement de retrouver la régularité et le plaisir décrivent cette alternance comme une libération. Hervé*, 67 ans, le confirme : « Je ne croyais plus être capable de courir sans finir sur les rotules. Aujourd’hui, je savoure chaque séance, et je n’ai jamais eu aussi peu de douleurs. »

La récupération active fait ses preuves : meilleure endurance, moins de blessures, retour du sentiment d’être capable. Cette approche ne se limite ni à l’âge ni à la condition physique, à condition que la progression respecte le confort personnel.

Vers une responsabilité partagée : changer la donne dès maintenant

La marche-course n’est pas un effacement de l’effort, mais la preuve vivante qu’une autre pratique est possible – loin des clichés et du culte de la souffrance. Revaloriser cette méthode, c’est offrir à chacun une porte d’entrée vers l’activité physique, sans honte ni compétition déplacée.

Alors, qui doit porter ce changement ? Les clubs, les médecins, les proches, peut-être chacun de nous. Votre expérience personnelle va-t-elle dans ce sens ? Est-ce le moment d’oser marcher pour mieux revenir à la course, pour vous ou l’un de vos proches ? Partagez votre ressenti ou vos questions, ce débat nous concerne tous !

Et si cette enquête vous interpelle, n’hésitez pas à la partager autour de vous. Peut-être que demain, le regard changera grâce à vous.

*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.

13 réponses

  1. Article auquel j’adhère à 200pour cent…. j’ai fait un trail dans la neige qui a été très dur pour moi malgré 10ans de pratique de running et trail. J’ai 59 ans, j’ai un travail physique, c’était mon 1 er trail blanc. La réflexion d’une amie a ébranlé la confiance en mon corps et mes capacités. Elle m’a dit que je ne courrait pas vite et que je ne progressait pas en vitesse car lors des entraînements de fractionné en club je ne sors pas de ma zone de confort….cela m’a baissé énormément. Car je souffre pendant ces entraînements…. Je vais vers un épuisement psychologique et physique. La semaine suivante j’ai fait 2 sorties avec la méthode ”marche course”….extra… j’ai retrouvé la motivation de courir et la forme!! J’étais sur le point d’abandonner ce sport avec l’idée que je n’avais plus les compétences de le pratiquer….merci pour votre article !!

    1. Gaborit, ton retour donne envie d’applaudir – et pas pour le chrono ! Le plus beau progrès, c’est de retrouver du plaisir et de la motivation malgré le regard des autres. Le “trail blanc” n’aura pas gelé ta passion, au contraire : tu prouves que sortir de la spirale de la souffrance, c’est vraiment avancer. Bravo d’avoir osé changer, et si la marche-course donne la banane, c’est qu’elle va plus loin que n’importe quelle séance de fractionné !

    2. Votre témoignage est précieux, il prouve que la marche-course n’est pas un “plan B” mais une bouée pour le plaisir et la motivation ! Peu importe la vitesse, l’essentiel c’est votre bien-être et le plaisir retrouvé – les chrono peuvent patienter, votre forme mentale, elle, ne doit pas attendre. À chaque foulée respectée, c’est votre confiance qui progresse… et c’est bien le seul chrono qui compte !

  2. Je suis mille fois OK avec vôtre article!

    Il faut déjà catégoriser en mon sens cette discipline. Il y a les athlètes de haut niveau (mais c’est leur métier) , il y a les traileurs (ceux qui visent le podium et la performance) ,
    Et puis il y a NOUS autres… nous qui pour multiples raisons subjectives bien sûr faisons du sport à nôtre niveau.

    Pour ma part, je vais avoir 48 ans et j’ai toujours aimé le sport depuis le collège sans pour autant avoir voulu en faire une pratique à haut niveau, c’est mon choix.
    Je travail dans un hôpital dans un service où la harge me.tale et physique sont mises à rude épreuve 🥵

    Alors pour évacuer toute cette tension, je fais des randonnées ou je cours… parfois rando trail..
    Il est sûr que si on commence à se comparer aux “grand” sportifs, on peut finir par s’auto flageller !!

    Mais j’ai envie de dire, que dans ce monde où l’argent, le profit, la reconnaissance priment, il faut pouvoir se dégager de cela, s’élever… apres tout est une question de chemin de vie personnel aussi, chacun doit trouver la “vrai raison ” pour laquelle il court, autrement dit se connaître soit même…et comprendre qu’on ne doit rien à personne.
    En somme, ce sont les raisons “Sincères ” qui nous poussent à courir ou faire du sport qui Priment, le reste on s’en fou.. et pour répondre à ce monsieur je dirais que son amie quand elle lui envoie une boutade qui blesse, c’est seulement sa propre fustration à elle qu’elle balance..
    Enfin bref, moi j’habite à la Réunion, et nous avons ici cette diagonale de Fous qui obnubile pas mal de gens… je me suis dit que si je m’entrainais correctement à mon ryrhme je la ferait…pas pour poster une foto de ma médaille de Finisher sur les réseaux mais parce ce que je me dis que si j’arrive à la traverser avec tout ce que cela implique comme effort, douleur mentale ou physique et j’en passe, ça me permettra de me confronter à moi même et de me dire que si j’ ai pu le faire alors ce qui peut suivre après je le surmonterais aussi 💪🙃
    Et quel plus beau moyen que challenger la Vie !
    Mot de la fin : L’avis des autres, n’est que la Vie des autres..🧐
    Alors courons, courons et si on est à bout de souffle marchons… puis ça repart et on continue à son ryrhme, en écoutant son cœur et son corps 🌞🌞

    1. Léa, tu résumes avec brio ce que la marche-course veut défendre : respecter son corps, avancer à son propre rythme, sans devoir répondre aux standards des autres… ni à ceux des « diagonales de fous » ! Si on courait tous juste pour les likes, il faudrait vraiment inventer la médaille du meilleur déconnecté. Courir ou marcher, l’essentiel reste d’écouter son cœur (et un peu ses chevilles). Bref, la vie sportive, c’est avant tout la tienne !

  3. Le mieux c’est de courir sans appli, pas de strava.j’ai vu un type de soixante ans qui tentait de suivre des jeunes qui couraient a 13 km/h en discutant, il a tenu 2 km je l’ai vu assis sur un banc en train de se masser la cheville en grimaçant. Où est le plaisir ? Il ne faut pas avoir honte de courir a 9km/ h en profitant du paysage et a la moindre douleur marcher.

    1. Je vous rejoins complètement, Finoucchi ! La séance du monsieur sur le banc, c’est l’illustration parfaite des dégâts du « toujours plus vite, toujours plus connecté ». Mieux vaut marcher fièrement que finir en massage express sur un banc public… Vive le footing plaisir à 9 km/h, sans pression ni applis !

    2. Votre témoignage résume tout : courir sans appli ni chrono, c’est déjà se libérer d’une grande partie de la pression ! Le plaisir physique et mental devrait toujours primer sur le chiffre, et marcher dès qu’un signal du corps se fait sentir, c’est faire preuve d’intelligence sportive. À choisir, mieux vaut finir sur ses deux pieds… plutôt que sur un banc, non ?

  4. Tout a fait d’accord, j’ai commencer à courir pour les 50 ans, moi qui avait juste du mal au marcher quelques années auparavant, alors oui je marche encore et alors, je progresse tout de même, j’arrive à faire des trails, le chrono je m’en cogne, c’est moi contre moi, mes objectifs, mes défis, se comparer ou écouter les autres et on ne ferait plus rien, soyez fière de vous et faite vous plaisir y’aura toujours quelqu’un pour mettre son grain de sel, laissez les donc pendant qu’ils causent vous avencez 👍🏼

    1. Bravo Isa, ton témoignage est la preuve vivante que la progression personnelle vaut bien plus que les chronos ou les jugements extérieurs ! Marcher, courir, avancer à ton rythme : l’essentiel c’est le plaisir et la fierté d’aller là où tu as envie d’aller… Pendant que certains causent, tu fais le trail, et ça, c’est la vraie victoire.

    2. Clairement Isa, avancer pendant que d’autres brassent du vent, c’est toute la philosophie de la marche-course ! Vous êtes la preuve vivante que plaisir et progression font bien meilleur ménage que chrono et regard des autres. Le « grain de sel », on le laisse volontiers au bord du chemin : bravo pour votre parcours, continuez à savourer chaque foulée !

  5. Je n’ai jamais pratiquer la course-marche. Pourquoi pas en fin de compte. Tous ces programmes qui nous sont soumis ne parlent jamais de cette démarche. Demain j’essaie. A 72 ans j’y vais. Sportivement Maurice

    1. Bravo Maurice, à 72 ans, tester une nouvelle méthode, c’est déjà pulvériser un record ! La marche-course n’a rien d’un secret d’initiés : elle fait du bien à tous, sans chronos ni jugement. Après demain, qui sait, ce sera peut-être vous qui conseillerez vos amis sur la piste !

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