“La question des trimestres manquants me réveille parfois la nuit.”, confie Corinne*, 63 ans, ancienne auxiliaire de vie, qui anticipe aujourd’hui sa retraite alors qu’il lui manque plusieurs trimestres. Depuis quelques mois, elle jongle entre inquiétude, calculs et démarches pour comprendre ce qui l’attend réellement en 2026. Rencontre avec une femme lucide, déterminée à ne pas laisser la précarité s’installer.
Corinne*, où en êtes-vous aujourd’hui concernant vos droits à la retraite ?
Je me pose beaucoup de questions car je n’ai pas réussi à valider tous mes trimestres. Il m’en manque 9. Entre les périodes de chômage, l’arrêt pour élever mes deux fils et certains emplois précaires, je n’ai pas les fameux 172 trimestres. Mon relevé de carrière me rappelle chaque année que je ne suis pas tout à fait dans les clous.
Comment se calcule le montant de votre future retraite si tous les trimestres ne sont pas validés ?

On m’a expliqué que ma pension de base sera calculée sur la moyenne de mes 25 meilleures années, mais le manque de trimestres va me pénaliser. Pour chaque trimestre en moins, ma pension baisse de 1,25%. Avec 9 trimestres manquants, je sais que je dois m’attendre à une décote autour de 11 à 12%. J’avoue que c’est angoissant, surtout quand on a déjà eu un parcours professionnel difficile.
Quels dispositifs existent pour compenser un revenu inférieur à vos besoins ?
Je me suis vite rendu compte que si ma pension est trop basse, il existe quand même des aides. J’ai entendu parler de l’ASPA, le minimum vieillesse. Mais il faut vraiment avoir de petites ressources et il y a des démarches à faire. Le minimum contributif peut aussi m’être attribué si j’ai assez cotisé, et là, on parle d’environ 876 euros par mois en 2026. Je préfère tout de même compter sur mon épargne et sur quelques heures de garde d’enfants que je continue d’assurer pour compléter. On ne vit pas aisément avec le minimum, mais c’est vital pour éviter d’être oubliée.
“La peur de finir avec une petite retraite, c’est ce qui habite beaucoup de femmes de mon âge. L’angoisse de ne pas pouvoir aider ses enfants ou se payer le dentiste est réelle.”
Que pensez-vous des récentes évolutions pour les mères de famille ?
J’aime voir que les choses bougent enfin un peu. Le fait de pouvoir retenir les 24 (ou 23) meilleures années de revenus grâce aux enfants va me donner un petit coup de pouce. Et la prise en compte plus simple des trimestres de maternité, c’est juste logique. On s’est tant sacrifiées… C’est un geste, mais il faudra que toutes soient mieux informées, car beaucoup passent à côté de ces droits sans le savoir.
Vous parlez d’anticipation et d’épargne. Qu’est-ce que cela change concrètement ?
J’ai un petit plan d’épargne et une assurance-vie, rien d’extravagant mais c’est rassurant. On apprend vite qu’il ne faut pas tout miser sur le régime général. Certains de mes amis prennent aussi des petits boulots pour valider des trimestres ou rachètent ceux qui manquent. Ce sont des calculs à faire, surtout que chaque trimestre de plus compte vraiment sur la pension finale.
Face à l’incertitude, qu’est-ce qui vous aide au quotidien à garder confiance ?
Ce sont d’abord les proches. Je parle beaucoup avec mes enfants, quelques amies aussi dans la même situation. On partage les infos des caisses de retraite, on s’aide pour les démarches, parce que c’est facile de s’y perdre. J’ai aussi pris rendez-vous avec un conseiller qui m’a bien éclairée notamment sur les droits liés à mon parcours d’aidante pour mes parents âgés. Ce qui m’aide le plus, c’est de ne pas rester seule avec mes doutes.
“On pense que la retraite, c’est la délivrance, mais c’est tout un monde de démarches et de calculs. On a besoin d’être entourée pour ne pas baisser les bras.”
Un mot pour les aidants ou seniors (ou leurs enfants) qui liront votre témoignage ?
Ne laissez pas les doutes s’installer. Il ne faut pas attendre pour faire le point sur sa carrière, vérifier chaque année, et demander de l’aide. Même si on n’a pas tout anticipé, il reste des solutions. Et il y a des services, des associations, des conseillers qui peuvent vraiment vous décharger. On n’a pas à tout porter seul, surtout à cet âge. Parler, se renseigner, se soutenir, c’est la clé pour traverser ce cap sans se retrouver isolé.
Le témoignage de Corinne* révèle bien une réalité partagée : entre calculs parfois complexes et peurs légitimes, personne n’a à traverser la préparation de la retraite en solitaire. Et vous, avez-vous déjà vérifié votre relevé de carrière ou aidé un proche à s’y retrouver ? Quels sont vos conseils ou inquiétudes sur ce sujet brûlant ? N’hésitez pas à partager votre parcours ou à poser vos questions. Cet article vous a éclairé ? Partagez-le avec d’autres qui vivent la même situation ou qui pourraient en avoir besoin.
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.



18 réponses
Bonjour, j’ai étudié mon relevé de carrière. J’ai tous mes trimestres mais au niveau financier, beaucoup de paies n’ont pas été prises en compte. Je voudrai prendre rv avec la cnav mais impossible (aussi bien par téléphone qu’en presentiel) . De plus, j’ai des questions auxquelles internet ne peut pas répondre. Comment faire pour décrocher absolument un rv avec eux ?
Rotty, c’est le casse-tête du siècle : quand les trimestres sont là mais que le calcul reste flou, il faut vraiment obtenir une réponse humaine ! Je vous conseille de passer par France Services (présent dans beaucoup de mairies et maisons de quartier), ils peuvent prendre RV pour vous ou transmettre directement votre demande à la CNAV. Autre astuce : écrivez un courrier recommandé, cela déclenche souvent un contact. Courage, ne lâchez pas—il y a toujours une porte d’entrée, même avec des guichets récalcitrants !
Rotty, la galère pour joindre la CNAV, c’est malheureusement du vécu pour beaucoup… Petite astuce : essayez les plages horaires tôt le matin ou tard l’après-midi pour le site ou le téléphone ; parfois, ça passe mieux. Pensez aussi aux Points Conseil Retraite ou à certaines mutuelles qui proposent des RDV avec des experts – c’est souvent moins saturé. Courage, il ne faut pas lâcher : chaque détail compte sur le relevé, et vous avez raison d’insister !
Un conseil,demandez un relevé de carrière 18 mois avant votre départ.Car étant débordé ils mettent déjà 6 à répondre sur des questions sur lequel vous ne pouvez RIEN modifier sur votre plan de carrière sur l’informatique.
Je parle en connaissance de causes car j’en fais actuellement les frais,
Il faut prendre son bâton de pèlerin,s’armer de patience et ne pas perdre espoir ‘
Votre témoignage, Patty, illustre parfaitement le parcours du combattant pour obtenir un relevé de carrière à jour ! La patience devient vite un superpouvoir… On peut aussi se faire accompagner par des conseillers gratuits (CICAS ou France Services) pour accélérer certaines démarches. Ne jamais lâcher l’affaire : la sérénité se mérite parfois au prix de quelques mails relancés et de nombreux cafés.
Votre témoignage sent le vécu, Patty ! Vous avez raison : anticiper et sortir ses rangers… c’est le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises. Courage dans l’attente – le relevé de carrière, c’est parfois comme la SNCF, ça finit toujours par arriver, mais rarement pile à l’heure !
bonjour, j’ai 156 trimestres aquis
sur 171 .
a partir de quand dois je commencer a organiser mon départ a la retraite .
et a qui s’adresser.
Avec 156 trimestres, c’est le bon moment pour organiser votre départ : commencez dès maintenant à contacter votre caisse de retraite pour un entretien individuel, ils vous aideront à vérifier vos droits et planifier la suite. Petit conseil d’aidant : faites ce point chaque année, car les démarches administratives aiment s’inviter à la fête bien avant la retraite… et jamais à l’heure du café !
Avec 156 trimestres, je vous conseille de commencer à organiser votre départ dès 2 à 3 ans avant l’âge de la retraite : ça permet d’anticiper les démarches et d’envisager les solutions pour les trimestres manquants. Le bon réflexe : demander un Entretien Information Retraite à votre caisse de retraite, qui vous guidera sur votre situation et sur les prochaines étapes à suivre.
J’ai pas tout mes trimestes j’ai fais 4 fois la demande retraite invalidité mais les médecins de la sécu mon rejetter l’invaliditer donc pas droit à la retraite je vie qu’avec 599 € par mois et il me reste que 20 € pour le mois quand j’ai tout payer c’est trés dur .A rapport à une conseillère de pôle emploi qui m’a mise plus bas que parterre dans les entreprises que j’ai trouvé elle m’a fait 32 trimestres la j’aurai 65 ans à la fin de l’année j’aurai seulemét ma retraite je ne s’ai pas combien est j’aurai à la fin de l’année plus de 140 trimestres maintenant je croises les doigts pour l’avoir. Viver avec 599 € par mois je fais 1 repas par jour le soir et par semaine je ne fais que 4 à 5 repas quand je ne le souhaite à personnes.
Catherine, votre parcours force le respect et témoigne d’une vraie résistance face à l’injustice. Si votre pension reste très basse, pensez à vérifier votre éligibilité à l’ASPA (minimum vieillesse), et n’hésitez pas à demander l’aide d’un conseiller retraite ou du CCAS pour ne pas rester seule dans ces démarches. Même si le système n’est pas parfait, chaque trimestre compte, et parfois une simple vérification peut ouvrir de nouveaux droits. Courage, vous n’avez pas à porter tout cela seule.
Catherine, ce que vous vivez est vraiment éprouvant, et 140 trimestres c’est déjà un vrai parcours de combattante. À partir de 65 ans, même avec des trimestres manquants, vous pourrez demander la retraite à taux minoré et peut-être bénéficier de l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées). N’hésitez pas à solliciter votre caisse de retraite pour une simulation : parfois, une petite vigilance sur les relevés peut ouvrir des droits insoupçonnés. Courage, même si les repas sont comptés, je vous souhaite une meilleure stabilité après cette longue attente… et un peu plus de chocolat à la fin du mois, si possible !
Bjr
J’ai les mêmes soucis que madame
En plus l’ircantec me pose problème
Deuxième rdv à la carsat,il ne trouve jamais le même résultat pour les trimestres manquant et ne vous disent pas les périodes manquante à compléter
Ah, le grand mystère des comptes retraite, parfois on dirait que ça se joue à la roulette à la CARSAT ou chez l’IRCANTEC ! Je vous conseille vraiment de demander votre relevé individuel de situation en ligne : il détaille chaque période validée ou manquante, c’est la base pour y voir clair. Et n’hésitez pas à solliciter une association d’accompagnement retraite, elles savent bien décrypter ces « énigmes administratives ». Courage, on finit par les résoudre… même si ça prend un peu de café et de patience !
En lisant certains messages. ..je ne comprends pas comment des personnes qui ont travaillés même 140 ou 150 trimestres ne touchent que 800 e à peu près…
Alors que certaines, qui n ont jamais bossés touchent les mêmes sommes avec les aides. ????..
C’est vrai Pascale, l’écart paraît frustrant… La pension dépend surtout des salaires passés, pas juste du nombre de trimestres, et l’ASPA vient en aide aux personnes avec de toutes petites ressources, cotisants ou non. On se retrouve parfois à “jouer à égalité” malgré toute une carrière, c’est le paradoxe du système ! Si tu veux voir si le minimum contributif s’appliquait à ton cas ou celui de tes proches, regarde bien le relevé de carrière et les montants déclarés chaque année, ça explique souvent les (mauvaises) surprises.
Bonjour pouvez vous me dire comment faire les démarches pour la retraite j’ai des papiers qui ont brûle merci de votre réponse et je suis travailleur handicapé
Christine, pas de panique : la caisse de retraite (CARSAT ou MSA selon votre parcours) peut vous fournir les documents manquants, il suffit de les contacter et d’expliquer votre situation. En tant que travailleur handicapé, vous pouvez aussi accéder à la retraite anticipée si vous réunissez les conditions, donc pensez à le mentionner lors de votre demande. Bon courage, et sachez qu’on a le droit de demander de l’aide pour ne pas tout gérer seul… même quand un incendie s’en mêle !