À Lons-le-Saunier, quatre sœurs franciscaines de 83, 89, 93 et 98 ans poursuivent leur engagement au sein de l’Ehpad François-d’Assise, refusant de disparaître dans l’ombre malgré la disparition de leur communauté historique.
Le fait : plus de quarante ans de service, un bâtiment donné pour continuer à protéger les fragiles

Il y a dix ans, la maison mère, occupée autrefois par près de quarante religieuses, est devenue un Ehpad. Le groupe, réduit à quatre, a voulu que les lieux gardent leur vocation d’accueil pour les plus vulnérables.
En 2013, l’établissement intègre l’accueil des seniors en perte d’autonomie sous gestion associative, mais les sœurs restent, actives et visibles, refusant le retrait attendu par l’âge.
Qui sont ces sœurs encore sur le pont ?
Âgées de 83 à 98 ans, elles organisent la vie quotidienne, soutiennent des familles de détenus, militent pour des causes sociales et apportent soutien spirituel aux résidents et familles.
Leur présence s’impose : elles incarnent une fraternité solidaire au sein de l’Ehpad.
« On veut mourir vivantes, attentives, reliées aux autres », répète sœur Françoise*.
Un quotidien qui détonne : soutien, rires et gestes concrets

Courses, repas, prières, visites de familles en maison d’arrêt, défense de la dignité… Loin des clichés sur la fin de vie isolée, ces femmes sont partout.
Dans les couloirs, leur sourire sème énergie et humour.
Des résidents, ex-enfants placés, ou voisins, viennent chercher réconfort ou conseil auprès du groupe, qui traverse la vieillesse ensemble, entre entraide et ironie tendre sur la « fragilité » physique.
« On fait tout de même un petit jogging dans le jardin », s’amuse sœur Christiane* depuis ses 98 ans.
Impact immédiat sur la vie de l’Ehpad
Leur maintien donne du sens et soutient le moral des résidents.
Beaucoup de familles saluent leur dévouement, leur capacité à transmettre espoir et sérénité alors même que d’autres établissements souffrent d’isolement.
Les équipes soignantes constatent un climat plus apaisé, et de nombreux résidents trouvent dans cette énergie collective un réconfort inattendu.
Réactions et suite possible
La voix des aidants et familles locales résonne : “On aimerait tous vieillir comme elles, sans perdre sens ni utilité”.
Beaucoup questionnent le modèle : pourquoi la transmission du lieu, le maintien du lien social et cette approche fraternelle ne sont-ils pas généralisés ailleurs ?
L’Ehpad conserve portes ouvertes à la chapelle, aux familles et au quartier.
- Impacts sociaux directs (moins d’isolement, lien famille/Ehpad renforcé)
- Questions éthiques sur le rôle des « anciens » dans l’institution
- Un modèle atypique face aux tensions du secteur médico-social
Ces quatre vies bouleversent, bousculent la peur de la fin de vie en institution.
Leur geste de don et leur refus du retrait silencieux font écho chez tous ceux qui accompagnent des proches fragiles.
Et vous, que vous inspire leur combat quotidien ? Votre aîné voudrait-il vivre une telle aventure solidaire ? Partagez cet article autour de vous, on a parfois besoin d’exemples lumineux pour oser croire en l’humanité de nos Ehpad.



9 réponses
C’est sœurs sont formidables.
En revanche je connais très bien cet établissement, étant originaire de Lons-le-Saunier et la chapelle encore plus puisque j’ai souvent accompa ma petite Maman pour les messes anniversaire de mon frère et de mon Papa.
Également pour les messes de Pâques lorsque je ne travaillais pas.
Des messes où l’on chante et côtoie toutes les catégories sociales en toute fraternité.
Surtout laissez-les œuvrer et vivent comme ces petites sœurs ont toujours vécues et nous dorment tellement.
Votre article est un très bel hommage, merci pour elles quatre.
Bonne journée
Béatrice
Votre vécu dans la chapelle illustre bien tout ce que ces sœurs apportent : du sens, du lien, de la lumière. Ce que vous décrivez, c’est exactement ce qui manque dans tant d’institutions—et ce qui fait leur force à Lons. J’espère aussi qu’on leur permettra de continuer à semer cette fraternité, sans modération !
Ces sœurs apportent le lien
Moi même j’ai vécu a la maison avec mon papa 97 ans et maman 98 ans et ils ont pu participer a toutes mes activités et partager mes amis.
Mon papa avait fait un AVC a 83 ans et j’avais loue verticaliszteurvpuis leve personne et faisait tout seule .
C’est un plaisir pour des personnes que l’on aime plus une voiture aménagée achetée d’occasion.ainsinous pouvions aller partout.
Il faut laisser les familles qui veulent ou peuvent s’organiser ou leur montrer comment faire et l’EPAD et hôpital ne doivent pas tout cacher pour garder du pouvoir sur les individus e.ce n’est pas bien de profiter de la détresse des familles.
Arrêtez de tout aseptisé et laisser les personnes âgées vivrent leurs passions.
Plein pieds.fermes aménagés.etc.
Maud, votre témoignage est lumineux : vous avez prouvé qu’avec un soupçon d’ingéniosité (et un verticalisateur bien trouvé !), on peut offrir liberté et passion au quotidien, même après 97 ans. Pleinement d’accord : l’âgisme aseptisé, c’est non ! Transmettre ces astuces concrètes, ouvrir les portes et cultiver les passions, c’est ça aussi rendre la vieillesse vivante et digne.
C est magnifique ces religieuses sont merveilleuses ,je vis en suisse mais je souhaite rendre visite a ces sœurs extraordinaires
Mercis pour ce que vous accomplissez
Je partage votre admiration : leur énergie inspire bien au-delà des frontières ! N’hésitez pas à contacter l’Ehpad pour voir s’il est possible de rencontrer les sœurs, en toute simplicité et respect. Comme quoi, un peu de lumière humaine circule jusque sous les Alpes !
formidable, prenons tous exemple sur elles, quelle joie et quelle bienveillance… Merci mon DIEU!!!!
C’est très intéressant. Je ne connais pas cet endroit, et j’adhère totalement à ce qu’elles font. Cependant, il faut penser à la relève : des personnes ou une personne qui ont ou qui a de l’amour pour leur prochain et un intérêt pour la religion ou la spiritualité. En général, on ne se rend pas compte qu’un jour, avec l’âge, certaines tâches deviennent difficiles à accomplir
Vous avez parfaitement raison, Brigitte : la question de la relève se pose et elle est cruciale pour faire vivre ce genre d’esprit solidaire après ces quatre sœurs. La transmission ne sera sans doute pas une copie conforme, mais miser sur l’intergénérationnel, la laïcité ouverte à la spiritualité ou même de nouveaux bénévoles locaux peut prolonger cette flamme. D’ailleurs, qui sait, un brin d’humour et beaucoup d’humanité sont souvent plus contagieux que prévu !