Sur une scène rurale de Vendée, le public suit du regard l’énergie déconcertante d’Agnès*, 72 ans, jupe légère, souriante, qui salue sans jamais sembler s’essouffler. Aujourd’hui, elle nous offre son regard sur ce que veut dire « vivre plein rythme » après 70 ans quand beaucoup s’imaginent la retraite comme un long sas de repos.
Entretien avec Agnès*, danseuse septuagénaire en Vendée

Vous enchaînez les répétitions, ateliers, spectacles… Qu’est-ce qui motive ce rythme intense ?
Je crois que ma vie est riche parce que je la rends riche. Rien ne me pousse à ralentir, si ce n’est le regard des autres. Mais tant que j’ai l’élan, j’avance ! Danser me donne de la force et de la joie, c’est ma manière d’exister pleinement. Chaque nouveau projet est une surprise, une façon de repousser les limites qu’on nous colle dès qu’on passe un certain âge.
Vous n’avez pas dansé toute votre vie. Quel a été le déclic ?
J’ai commencé à la cinquantaine, par pure curiosité. J’ai poussé la porte d’un atelier de danse contemporaine, dans la salle de mon village. Et là, révélation : je découvrais un corps qui demandait à parler, une liberté nouvelle. Depuis, je n’ai plus jamais lâché.
À quoi ressemble une journée type ?
Je me réveille tôt, je fais quelques étirements puis je vais répéter ou donner un atelier. Je partage beaucoup avec des jeunes, des seniors, parfois même des enfants ! Chacun a sa façon de s’exprimer. Après, je prends le temps de m’occuper de mon jardin ou je médite. Ma journée ne s’arrête que lorsque je suis vraiment fatiguée… mais ça arrive rarement !
Quels bienfaits retirez-vous de la danse, sur le corps et le moral ?
La souplesse, oui, mais surtout la légèreté d’esprit. Je me sens plus confiante, alignée, et j’ose davantage. Même les mauvaises journées sont différentes : danser, c’est accepter de se tromper, d’essayer encore, et… de rire de soi. Ça fait beaucoup de bien, à tout âge.
Quand je monte sur scène, je n’ai plus soixante-douze ans. Je ne pense qu’à ce que je peux encore accomplir, pas à ce que je devrais arrêter.
Comment faites-vous face aux préjugés sur l’âge ?
Je les entends souvent : « Tu n’es plus toute jeune, ça va finir par se payer », ou « Tu réagis comme une gamine ». Mais je réponds : pourquoi s’arrêter quand le corps suit ? Je veux montrer qu’on peut être active sans faire semblant d’être jeune. Il n’y a pas d’âge pour se sentir vivante. J’invite chaque senior à oser franchir la porte l’énergie suit !
Votre engagement local semble très fort. Pourquoi cette implication dans votre région ?
En Vendée, on a la chance d’avoir des associations très ouvertes, curieuses ; la culture y est vivante. Les ateliers où les générations se mélangent, c’est ce qui donne sens à ce que je fais. J’apprends autant des autres qu’ils apprennent de moi. Notre région respire la solidarité et c’est précieux pour avancer, quel que soit l’âge.
Un conseil à donner à celles et ceux qui hésitent ?
Osez ! Peu importe l’activité, il suffit d’essayer une fois. Fixez-vous une heure juste pour vous, et voyez ce qu’il se passe. On repousse des murs qu’on croyait infranchissables… et parfois on se découvre des ressources cachées. Il n’est jamais trop tard pour vibrer.
Vous pensez à l’avenir ?
Je ne programme rien. Tant que j’ai l’élan, je saisis les opportunités. Mon souhait ? Continuer à danser, transmettre, et savourer chaque instant de partage, le plus loin possible. L’âge ne me dit rien, l’envie, beaucoup !
À voir Agnès* sur scène ou en atelier, difficile de rester indifférent. Cette entrevue laisse une question sur toutes les lèvres : quand avez-vous osé, pour la dernière fois, quelque chose qui vous faisait vraiment envie ? Partagez vos expériences ou vos appréhensions, cet échange pourrait en inspirer d’autres autour de vous. Et si ce témoignage vous touche, n’hésitez pas à le transmettre à quelqu’un qui hésite à se lancer !
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.



2 réponses
Bonjour ,
je viens de lire votre article sur cette dame de plus de 70 ans — j ‘en ai 82 — et( je dispens encore un cours de danse contemporaine dans une école de danse trés réputée en isére
à Grenoble plus précisément — je dispense aussi des Ateliers pour personnes valides et en situation de handicap — je suis sollicitée en tant que chorégraphe professionnelle dans le cadre du Mois de l Accessibilité dont Grenoble est porteuse depuis plusieurs années — j y présente une création avec un Groupe d ‘amateurs tous âges et une création avec ma Cie professionnellle — également je suis sollicitée avec ma Cie pour
un évènement les Tuiles , organisées par la Mairie de Grenoble — interprète moi même jusqu ‘en 2025 avec un chorégraphe international —
Certes si on est à l écoute de son corps – la Danse permet de bien se porter –trés longtemps — Bravo pour votre article — je recherche des aides méçènes pour mes créations 2026/2027 –mon CV à votre disposition – Bien cordialement –
Colette Priou – chorégraphe – Grenoble /isère –
Quel parcours impressionnant, Colette ! Vous êtes la preuve vivante qu’à tout âge, on peut porter la créativité aussi loin qu’on le souhaite – et fédérer tous les publics autour de la danse. Je vous encourage à transmettre votre CV à des réseaux ESS ou à contacter des fondations locales : la culture inclusive a besoin de mécènes engagés, surtout sur Grenoble ! Continuez à inspirer, et pourquoi pas, à faire valser les clichés…