À Doulevant-le-Château, seul le retour en urgence d’un médecin retraité évite cet été la fermeture du centre de santé : deux généralistes, pour près de 10 000 habitants, et une population qui n’a plus d’alternative médicale.
Un médecin retraité appelé à la rescousse

Dans ce village de Haute-Marne, le Dr Gérard Weibel pensait en avoir fini avec les gardes. Parti à la retraite en 2007, il a enfilé à nouveau la blouse blanche en 2012, faute de remplaçants disponibles. « Je ne pouvais pas laisser tomber ceux que j’ai soignés toute ma vie », explique-t-il, sidéré de devoir répondre à une telle détresse en 2024.
Pénurie extrême, attente interminable

Deux généralistes pour 10 000 patients : chaque journée est devenue une course contre la montre. Les carnets de rendez-vous explosent, des habitants renoncent parfois à se soigner. Obtenir une simple consultation relève du parcours du combattant : certains font plus de 60 kilomètres pour un spécialiste.
« Dès que je prends ma retraite, personne ne vient. Je reste parce que je sais ce que vivent les familles ici. »
Système à bout de souffle dans les campagnes
Ce déséquilibre touche des milliers de villages en France, résultat du numerus clausus instauré pendant des décennies et du manque d’attractivité pour les jeunes généralistes. Les personnes âgées, souvent sans transport, sont les premières victimes de cette carence médicale.
Des solutions tardent à s’imposer
Recruter à l’étranger devient la seule option pour beaucoup de communes : agences spécialisées, médecins roumains… Des démarches longues, des obstacles administratifs, et une dépendance qui interroge sur la pérennité de notre système de santé de proximité.
Le poids de l’engagement personnel
À 75 ans, le Dr Weibel enchaîne les consultations, parfois les dimanches et jours fériés. Il voit défiler des familles inquiètes de l’avenir : « Je resterai tant qu’il le faut. Je mourrai peut-être à mon bureau, mais qui d’autre viendra ici ? »
Face à l’épuisement, le médecin pointe aussi les rendez-vous non honorés : « Ce sont des places en moins pour d’autres. On souffre déjà tellement d’être si peu nombreux. »
Et maintenant ?
Le Dr Weibel se demande chaque matin combien de temps il tiendra encore. Son engagement sauve des vies, mais personne ne sait qui passera la porte après lui. Faut-il forcément attendre un drame pour que les choses bougent ?
Cette histoire vous interpelle ? Votre village connaît aussi la pénurie médicale ? Partagez votre expérience et vos idées dans les commentaires ou avec vos proches : qui prendra le relais ?



2 réponses
Nous avons la chance d’avoir encore un médecin.
Mais l’hôpital est à une heure de voiture de chez nous.
J’ai demandé un VSL pour mon mari qui doit subir une intervention douloureuse(ll souffre d’une grave maladie). Cela lui a été refusé !!
Mon voisin y a eut droit pour une simple visite à l’hôpital et la petite dame près de chez nous également pour une visite chez un spécialiste.
Y aurat-il 2 poids, 2 mesures pour les malades ? Ou est-ce à la tête du client ?
Martine, la règle du VSL dépend vraiment du diagnostic et de la prescription médicale, mais sur le terrain, c’est parfois kafkaïen… Rien n’empêche de demander à votre médecin plus d’explications ou même de solliciter la CPAM pour clarifier le refus. La “tête du client” n’est jamais un critère officiel, heureusement, mais parfois on a l’impression que le système a ses lubies !