Depuis le 1er avril, une aide de 340 € par mois est versée à ceux qui suspendent leur travail pour accompagner un proche dépendant. Des milliers d’aidants familiaux peuvent désormais espérer alléger le choc financier d’un arrêt d’activité, mais le dispositif reste limité à certains profils, et de nombreux dossiers sont encore refusés ou retardés.
Ce qui vient de changer

L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) s’adresse aux salariés, indépendants ou demandeurs d’emploi qui doivent interrompre ou réduire leur travail pour s’occuper d’un parent, d’un enfant ou d’un conjoint en perte d’autonomie, partout en France. Son montant journalier atteint 66,64 €, soit 340 € pour cinq jours par mois utilisés.
Qui peut réellement avoir cette aide ?
L’aidant doit vivre ou avoir un lien familial fort avec la personne aidée et déposer une demande officielle auprès de la CAF ou de la MSA selon son régime. Il doit cesser ou réduire temporairement son activité, justifiée par un certificat médical ou une attestation de dépendance (APA ou MDPH : incapacité de 80 % minimum).
La personne assistée doit être reconnue dépendante, c’est-à-dire sous allocation APA, ou déclarée handicapée avec un besoin quotidien d’aide.
« On ne demande pas à être aidant, on le devient par nécessité. Cette aide arrive souvent trop tard ou ne couvre pas la réalité des dépenses »
Des plafonds très stricts, des démarches lourdes
L’AJPA est plafonnée à 22 jours par mois (soit 1 466 € maximum mensuels) et sur 264 jours dans toute la carrière. Chaque proche aidé permet au maximum 66 jours indemnisables pour son aidant. Il faut réunir tous les justificatifs, remplir le formulaire Cerfa et attendre la décision de la CAF ou de la MSA. Un retard administratif prolonge souvent la galère.
Droit au répit : une solution complémentaire, trop peu accessible
Pour souffler, une enveloppe « droit au répit » de 573,77 € par an existe, majorée à 1 000 € en cas d’urgence. Elle finance temporairement l’accueil de votre proche en établissement ou à domicile. Mais il faut une évaluation sociale préalable, et l’accès reste encore inégal selon les territoires.
Et après la demande ?
Le versement n’est jamais automatique. Un suivi rigoureux et une veille permanente sur ses droits sont indispensables, car chaque oubli ou retard peut coûter cher. L’aide ne couvre pas tous les frais associés à l’aidance, comme l’aménagement du logement ou le recours à des services professionnels complémentaires.
- Formulaire et pièces à fournir obligatoires
- Suivi du dossier 100 % numérique conseillé
- Possibilité de demander un accompagnement par assistant social ou via la MDPH
Aidants en colère face aux limites du dispositif

Certains dénoncent la complexité et les plafonds trop vite atteints. La pression administrative décourage, alors que les besoins explosent chez les familles de seniors ou d’adultes handicapés. Plusieurs collectifs d’aidants réclament un accès simplifié et des montants revalorisés, qualifiant l’actuel AJPA d’”indispensable mais bien trop restreinte”. Plusieurs témoignages pointent la “double peine” : s’épuiser pour un proche tout en risquant de perdre son revenu.
Vous êtes concerné par ces démarches, ou vous avez testé le dispositif ?
Votre expérience peut éclairer d’autres familles : partagez-la en commentaire ou sur nos réseaux sociaux ! Cet article vous a été utile ? Transmettez-le à d’autres aidants en galère. Ensemble, on fait bouger les lignes !



37 réponses
Cette allocation est une honte même en créant un compte a la caf exprès pour avoir droit à un rdv téléphonique il est impossible d avoir des informations sur le congé aidant,( personne non compétente pour répondre) de plus en étant aidant a temps plein (7jours sur 7) vos weekend ne sont pas indemnisés,on laisse tomber nos anciens le weekend ????
Et seulement droit à trois mois,un scandale!!!!
Je comprends totalement votre colère, Jean-François : être aidant à temps plein, c’est 7 jours sur 7 et pas seulement « en semaine »… mais les week-ends s’arrêtent parfois net pour les droits ! Les plafonds très courts (3 mois max…) et la complexité d’accès sont, hélas, pointés par beaucoup d’aidants. Tant qu’on ne sera pas entendus jusqu’au bout, les collectifs doivent continuer à faire du bruit – quitte à réveiller la CAF le week-end !
Être proche aidant c est un métier a part entière ,au service de l autre ou d un être aimé.c est un sacerdoce,je m occupe de mon père depuis plus de 4ans H24,7/7,mon mi temps à été refusé,j ai ouvert une société pour avoir un complément de revenus,l APA nous donne 52euros par mois ,10%de la somme qui devrait être aloué mon père gagne trop,sauf que moi je touche que 750euros/par mois et declare1400, pour que m a retraite ne soit pas trop impacté,on me compte 60h par mois si je ne me trompe pas au niveau APA , ridicule en rapport avec les heures réelles…et si je prennait en fonction de se que je fais pour mon père je devrtle priver de sa retraite et ses loisirs…
Faut pas s étonner que les gens ne s occupent pas des anciens et qu ils finissent seuls ou en maison de retraite….
Je comprends parfaitement votre ras-le-bol : la CAF et ses secrets, c’est parfois digne d’un escape game… et jamais sur les week-ends ! Effectivement, l’AJPA ne couvre que 66 jours maximum, sans indemnisation les samedi-dimanche pour les aidants à plein temps. Pensez au « droit au répit » APA pour souffler un peu, même si l’accès reste inégal… On avance tous ensemble pour faire entendre la voix des aidants !
Toujours rien pour les personnes âgées obligées de s’occuper de leurs enfants handicapés…
Vous avez raison, Marie : le parcours est semé d’embûches pour les parents âgés d’enfants handicapés… Sur le papier, l’AJPA leur est ouverte, mais entre les formulaires façon Rubik’s Cube et le répit qu’on cherche souvent à la loupe, la galère reste réelle. Si besoin, il existe quelques pistes d’accompagnement via la MDPH ou le droit au répit, mais rien de miraculeux… On en parle sur le blog si vous souhaitez creuser !
Vous avez parfaitement raison Marie : le parcours des parents âgés qui soutiennent un enfant handicapé est souvent oublié. L’AJPA peut parfois être demandée si l’enfant est officiellement reconnu comme dépendant, mais en pratique, les démarches se transforment vite en véritable parcours du combattant… Il faudrait clairement plus de souplesse et de reconnaissance pour ces familles-là !
Je suis aidant, depuis Avril 2023 pour mon père âgé de 93ans.. J’ai quittée mon travail en avril 2022,au décès de ma mère.pendant 1an personne ne m’a dit que mon père avait droit a l’APA.JE perçois 416€de CESU sociale/mois .je suis épuisée,sans ressources j’ai 63ans.la fatigue,les dettes qui s’accumulent., c’est une honte on s’occupent de nos aînés et aucun soutien.
Votre parcours force le respect, et la honte devrait clairement changer de camp. Si ce n’est pas encore fait, vous pouvez demander un rendez-vous avec l’assistant social de la mairie ou la MDPH pour vérifier vos droits à l’AJPA ou au droit au répit, même rétroactivement parfois. N’hésitez pas à faire appel à eux pour monter le dossier, c’est un vrai labyrinthe… mais vous n’êtes pas seule. Courage, Benakkouche, votre engagement compte plus que tous les formulaires du monde.
Votre parcours d’aidante est bouleversant et d’une grande dignité. Je vous conseille, si ce n’est déjà fait, de solliciter un accompagnement à la CAF ou via la MDPH pour essayer de mieux faire valoir vos droits et minimiser l’attente. Et côté paperasse… on a parfois l’impression que c’est un deuxième travail à temps plein ! Courage, vous n’êtes pas seule dans ce combat.
Pareil..je suis aidante de ma.mère de 84 ans, dépendante ,depuis 2019 ,qui a en plus des troubles du comportement,j’ai remplis un tas de paperasse , quasiment cessé de travailler pour que l’Apa verse une aide de 35 EUR par mois.. no comment
Je souhaite connaître les démarches à faire pour essayer d’avoir cette aide étant proche aidant de mes parents. Par avance merci
Pour demander l’AJPA, il faut réunir un certificat de dépendance (APA ou MDPH à 80 %), remplir le formulaire Cerfa, et déposer tout ça auprès de la CAF ou de la MSA – selon votre régime. Si les papiers vous donnent des sueurs froides, n’hésitez pas à solliciter un assistant social : il connaît les raccourcis (et a de la patience à revendre pour apprivoiser l’administration !).
Je souhaite des renseignements sur les démarches à effectuer.
Merci 🙏
Sylvie, pour lancer la démarche, il faut réunir les justificatifs (certificat médical et attestation APA/MDPH), remplir le formulaire Cerfa dédié, puis envoyer le tout à la CAF ou à la MSA selon votre régime. Un conseil : suivez votre dossier en ligne pour limiter les retards, et n’hésitez pas à contacter un assistant social si ça devient trop lourd – les paperasse, c’est parfois plus sportif que le marathon de Paris !
Je trouve inadmissible de limiter l’aide financière avec l’ajpa à 66 jours sur sa carrière !!!
Ma maman est atteinte de la maladie d’Alzheimer, je vis avec elle pour m’en occuper, j’ai 59 ans, je pourrai prétendre à ma retraite complète en avril 2031. J’ai épuisé mes 66 jours de congés aidants rémunérés. Je suis en train de me questionner sur les solutions pour continuer mon accompagnement auprès de maman ? J’ai l’apa 5 heures par semaine, aujourd’hui c’est trop peu, je vais demander une réévaluation de celle ci.
Votre témoignage illustre parfaitement l’absurdité du plafond AJPA pour les aidants “de longue durée”, et croyez-moi, vous n’êtes pas seul à le trouver injuste ! Demander une réévaluation de l’APA peut aider, et n’hésitez surtout pas à solliciter le droit au répit (l’enveloppe annuelle, certes modeste, existe). On avance parfois à petits pas, mais chaque démarche compte, même si côté administration, l’empathie ne fait pas toujours partie du kit de base…
Et les enfants retraités en mauvaise santé qui sont obligés de tout quitter pour assumer un ancien. Les aides familiales, si on n’est pas derrière, ne font rien
Vous mettez le doigt sur une vraie injustice : l’AJPA exclut les retraités, même quand ils sont fragilisés et doivent tout gérer pour un parent âgé. Le seul vrai relais là, c’est souvent l’aide sociale du département ou le droit au répit (pas franchement simple à obtenir). Et sur les « aides familiales », je confirme, il faut jouer les chefs d’orchestre vigilants… plus épuisant qu’une tournée de rock !
Moi je m occupe de tous les papiers de mon cousin handicapé qui est dans un centre ainsi que ceux de sa mère
Sa me prend beaucoup de temps et de stress et n ai droit à rien car je n ai pas arrêté mon travail
A la retraite bientôt
Naud, je comprends bien la charge que tu portes, et malheureusement l’AJPA ne s’ouvre que si on réduit ou arrête son activité pro. Mais à la retraite, de nouveaux droits ou aides, comme le “droit au répit”, peuvent t’intéresser selon ta situation d’aidant. N’hésite pas à relancer la CAF ou la MDPH, et surtout, pense à souffler un peu !
J’ai démissionné de mon travail en septembre pour accueillir ma mère à mon domicile car elle ne pouvait plus rester seule elle a été évaluée Gir 2 par le conseil départemental.Aucune allocation aidant possible juste l’apa que je touche en CESU car j’ai gardé l’entretien de la maison… Maman est grabataire et totalement dépendante .je trouve très injuste que l’aide ne soit pas généralisée à tout les aidants familiaux.
Votre situation illustre une vraie incohérence : l’AJPA n’est pas accessible en cas de démission, seuls les congés aidants sont pris en compte. L’APA, versée à votre mère, ne compense ni la perte de revenus ni l’investissement de l’aidant familial. Beaucoup partagent votre sentiment d’injustice : le dispositif doit clairement évoluer pour couvrir tous ceux qui se dévouent au quotidien… On avance à petits pas, mais les témoignages comme le vôtre sont essentiels pour faire bouger les lignes !
Je suis aidante.maman a 92 ans et moi 70……a part l apa….pour m aider….personnellement je n ai plus de vacances…plus de week-end……j ai un peu de. Liberté 2 fois 6 h par semaine..mais pour les repas ..personne..pour les changes personne…….il faut que je cherche qqqun et payer une personne si je veux avoir 2 jours de week end……maman ne peut rester seule….elle est attachée dans son lit….pas de docteur qui vient a domicile…..je n ai plus de vie…..personne ne me contacte……des services sociaux…
En Autriche, l’aidant fille ou fils de, reçoit un salaire de l ‘etat pour s’occuper de ses parents à plein temps. Et controle de l etat pour suivre les conditions de vie de ces personnes agees
C’est bien encadré et efficace
Tout le monde ne peut pas se payer un Ephad ….
Le salaire de l’aidant familial, ça existe aussi en France dans la loi mais personne ne vous le dit et la MDPH préfère ne pas appliquer la loi…
C’est vrai : en France, on est loin du salaire des aidants autrichiens et du contrôle rassurant de l’État sur les conditions de vie… Ici, on a une « aide » qui ressemble plus à une indemnité coiffée de paperasse ! On devrait importer le mode d’emploi autrichien et le glisser sur le bureau de nos décideurs, histoire que ça bouge dans le bon sens.
Bonjour je suis aidant depuis 2 ans je m’occupe de mon père qui est resté invalide dû à un avc et après on lui a placé une sonde gastrique mes journées commence à 8h et se finit minuit je suis déclaré 15h par semaine donc je perçois 735e plus est droit à la prime d’activité parfois je suis épuisée donc sa me ts dans des états d’énervement je suis pas soutenu ni aidé par le corps médical aide soignante infirmière c’est cela mon regret et c’est un devoir de pour venir en aide à mon père mais pas assez rénumerer dommage car c’est un chance d’être à ces côté.
Ce que tu racontes, Nadia, c’est malheureusement la réalité de trop d’aidants : on donne tout, on reçoit trop peu, et l’épuisement guette vite. Ton témoignage est précieux et courageux. Ne laisse pas la solitude s’installer : n’hésite pas à solliciter une assistante sociale ou à demander le “droit au répit”, même si le parcours est complexe… et surtout, tu as toute ma reconnaissance !
Bonjour ! Je suis aidante de ma fille qui a fait un avc en juillet 2025
Depuis plus de 6mois je suis restée auprès d’elle je suis retraitée et touche une retraite confortable mais tout est à ma charge
J’ai accueilli ma fille chez moi ou elle bénéficie d’une chambre,SDB douche et WC indépendant
J’aurais simplement besoin d’un petit peu d’aide au ménage
Est ce que j’y ai droit
J’ai 76ans et je suis diabétique
Merci de vos réponses
Bonjour Lina, vous ne pouvez pas bénéficier de l’AJPA étant retraitée, mais votre fille (après AVC) pourrait obtenir une aide pour le ménage via l’APA ou la MDPH, selon son niveau de dépendance reconnu. Un contact avec le CCAS de votre commune ou une assistante sociale pourrait débloquer des solutions concrètes. Bon courage, et n’hésitez pas à demander : parfois une petite aide fait toute la différence !
La CAF des BdR n’est pas du tout réactive à l’AJPA. J’ai monté un dossier en juin 2025 pour 8 jours par mois la Caf à mis 4 mois pour commencer à me verser l’AJPA d’aout à octobre. Depuis novembre je ne reçois plus les déclarations mensuelles malgré mes appels, mes messages sur ma Caf hier encore personne pour me répondre alors qu’il reste 47 jours de droits. C’est épuisant
Courage Sanz, on dirait que l’administratif aime tester la patience des aidants ! Pensez à saisir un médiateur CAF ou à solliciter un assistant social, leur intervention débloque parfois la situation. On avance à petits pas mais chaque droit récupéré, c’est déjà une victoire—même si on préférerait gagner au sprint plutôt qu’à la marche arrière.
Je suis maman d’une enfant lourdement handicapée, je suis aidante aussi pour mes parents âgés et ma mère est maintenant GIR 2.
On ne peut pas cumuler l’aide de l’AJPA pour les 3, on ne peut pas avoir plus de 66 jours malgré qu’on aide une ou 3 personnes…
Je suis en arrêt de travail depuis un an pour dépression, je suis à bout.
Là, ma maman est hospitalisée depuis 3 mois et on nous a annoncé qu’elle ne pourrait plus revenir à son domicile.
L’EHPAD c’est 2500€ par mois 😱
Je ne peux pas l’accueillir chez moi, je n’ai pas de chambre.
Je suis démunie
Coco, ta situation est à la fois admirable et franchement injuste : quand on aide plusieurs proches, l’AJPA devrait s’adapter — or, on se cogne à un plafond absurde. Pour l’EHPAD, regarde du côté de l’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) via le conseil départemental, ça peut couvrir une partie du coût si ta maman manque de ressources. Et n’hésite pas à solliciter une plateforme de répit ou un assistant social : parfois, partager le fardeau fait déjà respirer. Courage, tu n’es vraiment pas seule sur ce chemin (même si c’est une jungle).
Je suis aidant depuis 2011 auprès de mon épouse handicaoée. Le répit n’existe pas, c’est tous les jours, week end et vacances comprises. J’aime mon épouse, je ne regette pas de l’aider et je trouve ça normal. Ce qui est lamentable, cest la néglugence des aidants par les pouvoirs public. J’ai fait depuis lontemps une croix sur ma carrière, nous avons connu l’aah digférentielle ce qui nous avait beaucoup impactés. Cela fait depuis octobre que j’ai déposé une demande d’ajpa: une catastrophe, aucune infos à la CAF!! C’est vraiment scandameux
Votre témoignage résume bien le « répit » version brochure… qui n’existe jamais dans la vraie vie ! Les retards de la CAF sont malheureusement fréquents, comme je l’indique dans l’article : n’hésitez pas à solliciter un assistant social pour débloquer votre dossier. La mobilisation des aidants reste essentielle pour faire bouger ces lignes !