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Cohabiter avec trois jeunes à 65 ans : « Je pensais finir seule, et j’ai retrouvé une vraie famille »

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Sommaire

Geneviève, 65 ans, ne se voyait plus refaire sa vie en communauté après la perte de son mari et le départ de ses enfants. Pourtant, à Sablé-sur-Sarthe, elle vit aujourd’hui avec trois jeunes adultes qu’elle connaissait à peine il y a une semaine. Elle raconte, sans détour, comment cette colocation atypique bouleverse son quotidien et fait voler en éclats les clichés sur l’âge.

Rencontre avec Geneviève : une pionnière de la cohabitation intergénérationnelle

Pourquoi avoir choisi la résidence inclusive “Nous-mêmes” ? Qu’est-ce qui vous a décidée à franchir ce pas ?

Je venais de passer plusieurs années seule dans une grande maison pleine de souvenirs. À force, le silence est devenu lourd. Ce qui m’a décidée, c’est l’envie de retrouver de la vie autour de moi, d’échanger, de transmettre. Ici, on partage vraiment le quotidien – et c’est ce qui me manquait.

Qu’avez-vous ressenti en posant vos valises entourée de jeunes adultes ?

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’avais peur de ne pas trouver ma place, de trop m’imposer ou, au contraire, d’être oubliée.
Mais Nolan m’a tout de suite proposé de m’aider à porter mes cartons, Clémence m’a offert un thé le premier soir, et Yani a pris le temps de discuter.
J’ai senti qu’on allait s’apporter mutuellement, sans barrière d’âge.

Comment s’organise la vie ensemble ? Y a-t-il des surprises ?

Tout le monde est sincère et bienveillant. On cuisine chacun son tour, on teste les recettes de Clémence – même sa cuisine vegan, que je ne connaissais pas.
Les jeunes m’ont initiée aux podcasts humoristiques, et moi, je leur montre comment préparer des plats que tenait ma grand-mère.
On s’entraide beaucoup, que ce soit pour bricoler, comprendre le fonctionnement d’un smartphone ou prévenir un coup de fatigue.

Vivre à plusieurs générations, ça change quoi au quotidien ?

Les journées ne se ressemblent jamais. Les discussions animent la maison, les soucis se partagent et les éclats de rire aussi.
Ça fait drôle de ne plus être juste « la mamie » qu’on visite le dimanche. Désormais, on construit des souvenirs communs.
Je donne des astuces pour gérer le budget, ils m’invitent à sortir. L’énergie des jeunes est contagieuse.
Parfois, on se motive même à faire un tour au marché à plusieurs, rien que pour partager ce moment.

Y a-t-il eu des moments de doute depuis le début de l’aventure ?

Bien sûr, il y a toujours une appréhension : la peur de déranger, de ne pas comprendre les codes des plus jeunes.
Mais très vite, on comprend que chacun a ses faiblesses et ses points forts. Pour moi, la véritable surprise, c’est cette bonté spontanée.
Je me sens utile, écoutée, et moins seule qu’avant.

Quels conseils donneriez-vous à un senior qui hésite à tenter l’expérience ?

N’ayez pas peur d’oser. On n’est jamais trop âgé pour changer de décor. Si j’ai pu, après 65 ans, recommencer à vivre différemment et retrouver l’envie d’ouvrir la porte le matin, alors tout le monde en est capable.

Et la suite ? De nouveaux horizons pour l’habitat partagé

Comment envisagez-vous les prochains mois ? Croyez-vous à un effet boule de neige pour ce type de logement ?

J’en parle à mes amies, à mes voisins… Beaucoup me disent qu’ils n’auraient pas osé.
Mais quand ils voient l’ambiance ici, ils comprennent vite l’intérêt.
À mon sens, ce modèle fera des petits ailleurs. L’important, c’est de garder l’humain au centre, de ne jamais laisser la routine ou la solitude reprendre le dessus.

Ce nouveau « chez-moi » m’a redonné confiance, et je sens que chacun, ici, en retire quelque chose.
La solidarité s’invente au quotidien : il suffit d’une tasse de thé, d’une écoute attentive, pour briser les murs.
Et vous, auriez-vous envie d’essayer la cohabitation intergénérationnelle ? Avez-vous déjà accompagné une transition similaire ?
Partagez vos expériences ou interrogez vos proches, l’idée fait son chemin ! Cette perspective vous inspire ? Transmettez ce témoignage autour de vous – c’est peut-être le début d’une nouvelle façon de vivre ensemble.

28 réponses

  1. Bonjour, Je suis tentée par votre aventure mais n’ose pas… Êtes vous reste dans votre grande maison.? J’habite au pays basque et on manque de logements, donc, j’y pense sérieusement. Un de mes fils me dit que cela me sortirait de mon isolement…

    1. Geneviève a effectivement quitté sa grande maison pour oser le changement, et elle ne le regrette pas un instant ! Au Pays basque, je comprends que le logement soit une vraie question, mais il existe aussi des projets de cohabitation ou de colocation solidaire, parfois même initiés par des collectivités ou associations locales. Votre fils a raison : sortir de l’isolement, ça commence souvent par un premier pas—et parfois, juste par une soupe partagée avec ses futurs « colocs ».

      1. Cela ne m’est pas bizarre, vu que je suis méditerranéenne, et que chez nous c’est normal de vivre avec grands-parents et petits-enfants sous le même toit. Tout le monde s’entraide et des fois on se dispute mais sans rancœurs et surtout pas de non-dits. Tout se discute, on vide le cœur et les fous rires repartent. Dans votre contexte, c’est un foyer d’étrangers qui se forme, mais qu’importe si on a les bonnes intentions, la bonne humeur et le respect. Les âgés sont heureux d’être entourés, les adultes d’être aidés et conseillés et les petits de trouver une présence chaleureuse à la maison en rentrant de l’école et aussi d’être si choyés. Tout le monde reste gagnant et heureux de ne pas vivre seul dans son coin. Cet échange est beau et rassurant , et surtout de se retrouver dans un foyer vivant plutôt que de vivre dans le silence. Vive la cohabitation et adieu à la morosité de la solitude déprimante!

  2. Bonjour c’est super qu’une personne âgée refasse confiance à nos jeunes qui trop jeunes, Démunis de finance et expédiés bien trop tôt par leur parents
    Quand à ces jeunes gens ce sont des heureux auprès de personnes qui ont déjà fait une longue partie de leur vie
    Cette personne leur fait confiance et t ils pourront apprendre beaucoup de la vie car il n’existe pas de cours pour apprendre la vie telle qu’elle est en réalité
    J’espère qu’ils seront reconnaissant envers elle et sans jamais la trahir
    C’est une action de grande valeur acker

    1. Je partage votre point de vue, Jeannine : la vie n’offre pas de manuel, et c’est dans ce mélange d’expériences qu’on crée les plus beaux apprentissages. Ces échanges profitent à tous, et la route semble bien partie pour être riche en découvertes, pour Geneviève comme pour les jeunes ! Finalement, le plus beau diplôme reste peut-être… la reconnaissance mutuelle.

      1. S’il y a une seule.chose qui ne se transmet pas, c’est.birn l’expérience. Tout nouveau, tout beau mais les exacerbations vont vite venir. On peut avoir des tas de distractions en vivant seul. Je parlerais plutôt de liberté et d’indépendance que de solitude.

  3. Bonjour
    Pour l instant je ne suis pas encore dans cette situation mais j y pense….
    Cela peut apporter beaucoup, aux jeunes comme aux moins jeunes : il n y a pas de sens unique
    On ne peut en ressortir que grandi

    1. Liliane, vous avez tout compris : la cohabitation, ça fonctionne dans les deux sens, et personne n’en sort indemne… mais tout le monde en sort grandi ! Même le plus jeune peut apprendre à gérer le budget ou à savourer un vrai thé. Quand le moment sera venu, lancez-vous sans pression, vous verrez que l’aventure commence souvent avec un simple sourire ou une recette partagée.

  4. Je pense qu’à 65 ans on ne peur pas encore dire personne âgée mais une personne d’un certain âge

    1. Vous avez tout à fait raison, 65 ans n’est qu’un chiffre et sûrement pas une étiquette ! J’aime aussi parler de « génération du passage à l’action », car comme Geneviève, c’est l’énergie et les choix qui comptent, pas l’âge indiqué sur la carte d’identité. Finalement, ce sont les expériences partagées qui nous définissent bien plus que les cases administratives.

  5. Âgée, à 65 ans ?!? Pour ma part jusqu’au COVID j’ai toujours eu 1 ou 2 jeunes chez moi, chacun gardant son indépendance, horaires, repas, lessive etc. mais partageant de petit moments sympas selon l’envie de chacun, et chacun pouvant compter sur l’autre en cas de besoin. Je n’aurais pas pu faire le contraire ! A présent, moi qui ne pensais pas pouvoir vivre seule, eh bien, c’est magnifique ! Beaucoup moins de contraintes – que je ne remarquais d’ailleurs pas ! Et advienne que pourra… 84 ans dans qq jours

    1. Monique, votre expérience prouve qu’à 84 ans, on peut encore se réinventer ! Chapeau pour votre parcours : vivre seule ou en coloc, l’essentiel, c’est que le choix vienne du cœur. Bon anniversaire en avance, et que la liberté vous accompagne encore longtemps !

  6. bonjour
    après avoir vécu 20 ans aux Antilles la solitude me pèse ici en métropole je souhaite une colocation mais très difficile à trouver certaines ne veulent pas intégrer une personne plus âgée.
    Je suis motivée par cette solution.

    1. Mireille, la chaleur n’est pas que dans le soleil des Antilles, elle se trouve aussi dans certains foyers solidaires ! Ce n’est pas simple, mais il existe aujourd’hui des plateformes dédiées comme « Colette » ou « Xenia » qui valorisent la mixité d’âges et encouragent justement des projets inclusifs. Tenez bon, l’aventure humaine finit toujours par réchauffer les cœurs, même en métropole !

  7. C’est la vraie vie !!
    J’ai acheté ma maison actuelle à presque 60 ans.
    Pour pouvoir rembourser mon emprunt, je loue deux chambres à des étudiants ,chaque année. Certains restent depuis leur 1ère année de fac jusqu’à leur besoin d’indépendance ou…une rencontre !
    J’ai 76 ans aujourd’hui et n’ai pas l’intention d’arrêter
    ….même si mon prêt est fini !! Être en contact de jeunes nous garde”dans la vie”.Et on apprend à être plus tolérant, ne pas se plaindre, et retrouver le rire, les discussions sans fin…
    Bref la vraie vie !
    Même si j’apprécie les week-ends et les vacances où ils rentrent chez leurs parents !!
    Ainsi, je jouis autant de ma solitude choisie, que des partagés choisis aussi !!
    C’est aussi un service que l’on rend …vu les prix de l’immobilier…!!!
    Lancez-vous d’abord sur de courtes périodes pour trouver votre équilibre “partage- solitude inspirante”

    1. Bonjour moi 70 ans je voudrais faire de la coloration, mais je ne sais pas comment faire, je suis dans les Vosges

  8. Bonjour,
    Merci pour vos témoignages !
    Que de beaux projets que cette aventure humaine.
    À la veille de mes 55 printemps, j’y pense depuis 10 ans , c’est le moment de franchir le pas vers l’habitat solidaire, habitat groupé, inter générationnel, inclusif….
    Pour l’instant, je réside dans la Sarthe…. Je suis prête à changer complètement cette vie.
    Trop de solitude, envie de partager avec d’autres.
    Des moments simples du quotidien dans la bienveillance.
    Au plaisir d’échanger.
    Ingrid

  9. Etonnante publication..Personne “age’e seule” ….de 65 ans !! Quel cliche’ !!!
    Vousnous parleriez d une grand mere de 78 ans je comprendrais un peu mieux l article …

  10. J ai 69 ans et je vis en colocation la plupart du temps en Espagne à Valencia avec des latinos, française. Ce mélange de culture est fantastique. Par contre il faut parler espagnol. J envisage aussi de vivre cette expérience en France. Dans le Sud Ouest.

    1. Leroy, vous êtes déjà un expert en colocation internationale ! Croyez-moi, l’aventure intergénérationnelle marche tout aussi bien en France, même sans tapas à tous les repas (le Sud-Ouest a d’autres arguments gourmands). L’essentiel, c’est la curiosité et l’ouverture… et pour la cuisine, il y a toujours moyen de négocier entre paëlla et confit de canard !

  11. Bonjour
    C est super.
    Mais comment fait vous pour voir vos enfants et vôtre famille.
    En tout cas c est une très bonne idée pour ne pas rester seule

    1. Vous soulevez un point essentiel : la famille reste une priorité, même en cohabitation ! Dans la plupart des résidences inclusives, les liens familiaux sont encouragés : visites, repas partagés, ou sorties avec les enfants restent tout à fait possibles. Et entre nous, les jeunes sont souvent ravis de voir débarquer les proches… surtout quand ils ramènent un bon gâteau maison !

  12. Bonjour à vous tous
    Voyez-vous j’habite la Martinique les parents sont décédés et continuer à faire vivre cette grande maison j’envisage de faire la colocation pour les seniors en souvenir des parents , afin qu’ils ne soient pas isolés .
    I

    1. Votre idée résonne fort : faire de la maison familiale un lieu de vie partagé pour seniors, c’est donner une seconde vie à la mémoire de vos parents tout en brisant l’isolement. En Martinique, ce projet est pionnier ! Pensez à vous entourer d’associations locales ou d’aidants – et si vous avancez, partagez votre expérience ici, ça inspirera d’autres « bâtisseurs de lien ». On dit souvent : il n’y a pas d’âge pour inventer le bonheur collectif… preuve en est !

  13. Bonjour,oui moi aussi je cherche une colocation. Avec des âges différents. J’ai 77 ans en paraît 65

    aux dires de mes relations.
    Encore très dynamique.
    Je conduis ma voiture.
    Vraiment la cohabitation m’attire.

    1. Christine, votre énergie donne envie de vous suivre, et à 77 ans, le vrai âge, c’est celui qu’on décide de vivre ! La cohabitation intergénérationnelle est faite pour les esprits curieux et ouverts comme le vôtre. N’hésitez pas à consulter les plateformes dédiées – et surtout, osez le premier pas, parfois il suffit d’un sourire ou d’un coup de volant pour créer une nouvelle famille.

  14. Bonjour,

    Je désire quitter la Bretaagne pour revenir chez moi, à Amiens. Cette idée me tentee
    Rait bien. Puis-avoir plus de renseignements? Merci.

    1. Roland, bravo pour cet élan de retour et d’ouverture ! Pour Amiens, je vous recommande de prendre contact avec des réseaux comme Cohabilis ou le service CCAS d’Amiens, qui accompagnent les démarches de cohabitation intergénérationnelle. Et puis, entre la météo bretonne et celle de la Somme, au moins, vous ne serez pas dépaysé par la pluie… mais surpris par la chaleur humaine ! Si vous voulez, je peux vous envoyer des liens pratiques pour démarrer sereinement.

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