Près de 17 millions de retraités commencent l’année 2026 avec une hausse annoncée de 0,9 % sur leur pension de base, mais pour beaucoup, l’augmentation promise pourrait fondre ou se transformer en perte nette dès le virement de février.
Nouvelle revalorisation, mais pas pour tous
Depuis le 1er janvier, la pension de base est officiellement réévaluée : majoration de 0,9 % pour tous les affiliés du régime général, indépendants, agriculteurs. Attention : le paiement de janvier reste figé, le vrai changement s’applique en février – et ce n’est pas tout : la retraite complémentaire suivra en mars.
Cet ajustement, annoncé après la flambée des +5,3 % en 2024, s’aligne désormais sur une inflation plus calme. Pourtant, derrière ce chiffre apparemment rassurant, la situation se complique à cause d’une autre modification qui passera parfois inaperçue : les nouveaux barèmes de la CSG.
Revenu fiscal de référence : la clé qui fait tout basculer
Le montant de votre pension nette dépend du taux de CSG appliqué, calculé selon votre revenu fiscal de référence (RFR) 2024 sur l’avis d’imposition reçu en 2025. Les seuils viennent d’être relevés :
- En dessous de 13 048 €, exonération
- Entre 13 049 € et 17 057 €, CSG à 3,8 %
- Jusqu’à 26 470 €, taux porté à 6,6 %
- Au-delà, maximum à 8,3 %
Ce basculement de tranche peut anéantir le gain de la revalorisation : nombre de retraités vont recevoir leur relevé en février avec la mauvaise surprise d’un virement stable… ou carrément diminué.
Gagnants : peu de changement, hausse vraiment perçue
Les principaux gagnants ? Ceux qui restent dans la même tranche de CSG. Pour une personne seule, rester sous 13 048 € garantit l’exonération : la hausse sera visible sur le virement net. Baisse de revenus ou augmentation des parts fiscales (décès du conjoint, changement de foyer, arrivée d’un aidant) : cela peut aussi booster l’effet de la revalorisation.
« Après le décès de mon mari, j’ai enfin vu ma pension mieux passer en net : je n’avais rien anticipé »
Perdants : saut de tranche, pension amputée
Pour d’autres, franchir un seuil même de quelques euros entraîne un prélèvement supérieur. Un retraité qui passe de 13 048 € à 13 050 € de RFR verra 3,8 % de CSG ponctionnés : la hausse de 0,9 % disparaît aussitôt. Changer de tranche à 17 057 € ou à 26 470 € démultiplie cet effet, la perte nette pouvant dépasser la hausse annuelle.
Les plus touchés ? Souvent les personnes isolées, sans famille, dont la situation fiscale évolue subitement : « Je croyais enfin gagner un peu, mais j’ai perdu 12 € par mois », glisse Alain*, 74 ans à Nancy.
Effet domino en mars : la retraite complémentaire Agirc-Arrco

En mars, la complémentaire (Agirc-Arrco pour le privé) passe aussi à la moulinette de la nouvelle CSG. Certains découvriront une seconde mauvaise surprise sur leur versement. Pour beaucoup, la gestion devient un vrai casse-tête : comparaison impérative de chaque virement de décembre à mars pour ne pas se retrouver lésé.
Dates et vigilance : ce qu’il faut surveiller tout de suite
- Virement de janvier : calculé avec l’ancien barème, sans la hausse
- Février : pension revalorisée, nouveau taux de CSG
- Mars : complémentaire ajustée, effet couplé possible
Beaucoup de retraités découvrent, parfois trop tard, l’impact réel de ces ajustements. Il devient urgent de surveiller ses comptes et faire rectifier tout oubli dès que possible.
Chaque année, des familles se retrouvent surprises par une pension amputée ou un gain invisible. Et vous, votre pension 2026 sera-t-elle revue à la hausse ou victime du saut de tranche ? Qui dans votre entourage surveille vraiment ses relevés ? N’hésitez pas à partager cet article autour de vous : il pourrait éviter de vrais tracas. Un effet boule de neige dont on se passerait volontiers.



2 réponses
Il est inadmissible que les retraités soient toujours les perdants bien sûr les riches sont épargnés cette politique est écoeurante ça ne donne plus envie d’aller voter
Je comprends totalement votre colère : le système des tranches de CSG fait que beaucoup de retraités voient leur hausse fondre ou disparaître, et ce sont rarement les plus aisés qui trinquent… C’est le grand classique du jeu de l’escalier fiscal : un petit euro de plus, et on dégringole une marche ! Au quotidien, ça donne envie de surveiller ses relevés de pension comme la météo : plein de nuages, rarement du soleil…