Le réflexe paraît évident : pour faire des économies, beaucoup ferment le chauffage dans les pièces qu’ils utilisent peu, pensant protéger leur santé, leur budget et l’environnement. Pourtant, nombreux sont ceux qui découvrent à leurs dépens l’envers du décor. Pour décrypter ce piège fréquent, nous avons rencontré Élise*, conseillère en performance énergétique. Elle partage son expérience de terrain et ses recommandations concrètes, pensées pour rassurer et aider les familles, seniors ou aidants qui se posent la question : “Et si on arrêtait de chauffer la chambre ou le bureau inutilisé ?”
Interview avec Élise*, experte logement et confort thermique

On entend partout qu’il faut baisser le chauffage pour consommer moins. Couper les radiateurs dans une pièce inutilisée, c’est vraiment efficace ?
C’est un conseil qui paraît logique, et je comprends qu’on veuille limiter la facture ou éviter le gaspillage. Mais en réalité, couper totalement le chauffage dans une pièce isolée n’a rien d’une vraie bonne idée. Ce geste provoque souvent l’effet inverse : la pièce devient glaciale, le froid “aspire” la chaleur à travers les murs, et le reste du logement se met à consommer plus pour compenser. Après plusieurs années de visites chez des seniors ou des familles, c’est une erreur que je croise encore trop souvent.
Concrètement, pourquoi le froid dans une seule pièce a-t-il autant d’impact sur tout le logement ?
Les murs, sols et plafonds partagés entre deux espaces se refroidissent quand la température chute d’un côté. Du coup, la pièce chauffée à côté doit travailler beaucoup plus. Certains radiateurs ou la chaudière se mettent à tourner fort, et au final, la facture grimpe. C’est le paradoxe : en croyant économiser, on crée un déséquilibre thermique. Le logement tout entier en souffre, parfois avant même que le portefeuille ne s’en aperçoive.
« J’ai vu des familles étonnées de payer plus après avoir coupé deux radiateurs, persuadées de faire mieux. Ce n’est pas une question de volonté, mais de méconnaissance du fonctionnement d’un bâtiment. »
Est-ce risqué sur la santé ou la solidité de la maison ?
Oui, car avec le froid viennent l’humidité, la condensation, parfois la moisissure. Les surfaces froides accumulent l’eau de l’air et finissent par “absorber” l’humidité. Cela crée des taches, des odeurs de renfermé, voire des champignons ou des problèmes respiratoires pour les habitants. Sur le long terme, un point froid entraîne aussi des dégradations invisibles pour les planchers, le bois, la peinture. J’interviens souvent après des dégâts importants dans de vieilles maisons ou appartements mal ventilés où l’on avait coupé trop fort les radiateurs.
Quand on s’absente longtemps, couper ou garder un minimum de chauffage ?
Il ne faut jamais tout couper. Lorsque la maison reste vide plusieurs jours ou semaines, viser 12 à 15°C suffit. On limite ainsi le refroidissement massif des murs, on évite le gel des canalisations et on protège le bâti des dégâts liés à l’humidité. Les économies en chauffant très peu sont réelles, mais tomber sous 10°C met l’équilibre du logement en danger.
Quels conseils simples pour consommer moins, sans risquer ce genre de dégâts ?
Investir dans des thermostats programmables, isoler les bas de portes, installer des joints aux fenêtres : ces petits gestes font la différence. Une porte entre une pièce modérément chauffée et une pièce à 19°C isole bien mieux que si l’on coupe tout. Ventiler même en hiver, aérer dix minutes par jour, c’est capital aussi. Et surtout, ne jamais laisser une pièce geler.
Un dernier mot pour les familles qui hésitent encore ?
J’invite vraiment à se méfier des recettes toutes faites. Peu importe l’âge ou la configuration de la maison, couper un radiateur “pour faire bien” n’est pas qu’une question d’argent ou d’écologie. C’est aussi une question de confort, de santé, d’entretien du logement. Mieux vaut viser l’équilibre que le tout-ou-rien : un peu de chaleur partout, de la ventilation et quelques astuces d’isolation, c’est la vraie recette pour bien vieillir chez soi.
Vous avez déjà testé différentes méthodes de chauffage ou fait face à un problème de surcoût en voulant économiser ? Partagez vos retours ou questions en commentaire, la communauté my-jugaad adore échanger sur ces sujets. Ce type de conseil peut sans doute aider d’autres familles à éviter les pièges de l’hiver.
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.



5 réponses
Donc faudrait chauffer, greniers, caves, sous-sols, garages pour bien faire Endroit où on n’installe jamais de radiateurs
Pas besoin de transformer sa cave en hammam ou de donner un radiateur au vélo du garage ! Il s’agit juste de préserver un minimum de chaleur dans les pièces de vie, pas de rendre les annexes cosy. Pour les greniers ou garages, l’objectif reste d’éviter l’humidité : isolation et une bonne aération suffisent largement, pas un chauffage de palace.
Bonjour,
Votre proposition est absolument opposée à la science.
Il est donc fort dommage de publier de tels articles.
Êtes vous diplômée en thermodynamique ?
Quelles sont vos références , svp ?
Merci.
Nota
Plus on chauffe de pièces, plus on expose de surfaces chaudes au froid extérieur, plus on augmente l’échange de calories vers l’extérieur du logement (l’échange ou la perte est fonction de l’écart de température extérieur vs intérieur)
Bonjour Philippe, j’entends bien vos remarques : le débat entre thermodynamique pure et retour terrain est toujours vif ! Ce que l’on relaie ici, ce sont les effets parfois sous-estimés d’un froid localisé sur l’humidité, la santé du bâti et… le portefeuille des familles. Promis, je me garde bien d’un combat « diplôme contre diplôme », mais l’expérience des dégâts liés au gel ou à la condensation est, elle, bien concrète dans beaucoup d’accompagnements seniors. Discutons sans dogmatisme, la science avance aussi grâce à des retours comme le vôtre !
Bonsoir. Je peux vous dire que c’est totalement faux concernant “les fausses économies”. Nous sommes passés de 450 euros en décembre 2024 a 125 ce mois de décembre et cela avec un seul radiateur au lieu de 4 et cela sans que le confort des pièces soit affecté quand nous y sommes. Nous allumont le chauffage a pétrole dans la chambre pendant 30 minutes le soir puis nous allumons ensuite le chauffage qui ne peine pas et nous baissons le chauffage du salon a 15. Le matin nous coupons celui de la chambre et allumons le chauffage a pétrole 30 minutes dans le salon et remettons le chauffage a 21 ensuite qui pour le coup ne peine pas non plus. L’économie est plus que réel depuis 2 mois et aucun dégâts n’est constaté. Alors oui notre confort est un peu perturbé mais pour 3 mois dans l’année et une économie de 900 euros constatée, la question ne se pose pas.