Qui gagne, qui se retrouve exclu ? Derrière la promesse d’un abattement fiscal pour les plus de 65 ans, la réalité cache une mécanique souvent cruelle pour de nombreux retraités et familles. À l’heure où l’inflation ne laisse aucun répit, certains foyers modestes sont privés d’allègement fiscal parfois pour quelques dizaines d’euros… et découvrent la complexité d’un système qui fait basculer d’un côté ou de l’autre de la barrière fiscale du jour au lendemain.
L’envers du décor : un abattement censé protéger les plus fragiles
L’article 157 bis du Code général des impôts promet un allègement pour les plus de 65 ans ou en situation d’invalidité, appliqué d’office sur tous les revenus du foyer. Sur le papier, la mesure paraît simple : pas de démarche, une réduction intégrée de façon automatique par la DGFiP, jusque dans la moindre pension ou revenu de placement.
Pourtant, derrière l’apparente simplicité, ce sont bien les seuils d’éligibilité qui tranchent dans le vif. Une adresse en France, des ressources nettes sous les plafonds annuels, et l’espoir de passer entre les mailles d’un système où le « trop peu » vous exclut du dispositif. Beaucoup découvrent cette frontière à l’annonce de leur avis d’imposition, souvent tard, parfois trop tard pour s’organiser.
Des chiffres froids, des réalités bien plus dures

En 2026, un retraité seul dont le revenu net global ne dépasse pas 17 667 € pourra compter sur un abattement maximal de 2 821 €. Entre 17 667 € et 28 423 €, l’allègement tombe à 1 411 €. Pour les couples, lorsqu’ils remplissent tous deux les conditions : jusqu’à 5 642 € ou, pour les revenus supérieurs, 2 822 €. Les montants font rêver… mais combien en profitent vraiment ?
Un simple dépassement, même minime, raye l’avantage d’un trait. Selon le témoignage recueilli d’Agnès*, aidante pour sa mère âgée, « c’est rageant : notre déclaration a dépassé le plafond de 80 €, on perd l’abattement entier. Maman n’a même pas de quoi refaire ses lunettes, mais pour le fisc, ça ne compte pas ». Le quotidien, lui, s’accommode mal de ces coupes sèches.
« On ne vit pas mieux avec 200 € de plus par an, mais on paye bien plus d’impôts. On se sent oubliés, pas assez pauvres pour être aidés, pas assez riches pour profiter d’autres dispositifs. »
Automatisme ou piège ? Les effets pervers du système

Théoriquement, le calcul est d’une rigueur implacable, censé éviter toute injustice. Mais dans les faits se glisse une anxiété constante, surtout chez les « revenus intermédiaires » : ceux qui n’entrent plus dans la case, mais restent fragiles face à la vie chère. Les foyers subissent de plein fouet l’inflation et la hausse du reste à charge santé ou logement, sans possibilité de contournement.
Chez MyJugaad, l’expérience terrain montre à quel point ce couperet tombe mal : « Les gens pensent qu’avec 19 000 € à deux, la vie est douce… Sauf qu’une fois le chauffage, les aides à domicile et les frais médicaux déduits, le budget finit dans le rouge. Mais pas question de revoir le barème, cette petite économie sur l’impôt devient inaccessible », explique Xavier*, fondateur et aidant familial.
Quand la mécanique fiscale creuse la fracture du grand âge
L’argument d’équité sous-tend toutes les discussions parlementaires sur le maintien ou la suppression de l’abattement. Sauf que, d’année en année, les rapports soulignent la même faille : aucun filet pour amortir les chutes, pas de progressivité pour ceux qui dépassent à peine les plafonds.
À la clé, des foyers entiers restent à nouer les fins de mois, sans solution adaptée et sans information claire avant la déclaration fatidique. La question de la justice fiscale n’est pas une abstraction : elle se joue dans chaque facture de pharmacie, chaque compromis sur le panier de courses, chaque demande d’aide supplémentaire.
En coulisses : des débats intenses mais peu de progrès
Responsabilité politique, arbitrages budgétaires serrés… Le maintien du dispositif en 2026 n’est pas venu sans tension. Entre volonté de préserver les retraités les plus modestes et pression pour réduire le coût global des aides sociales, l’abattement évolue au compte-gouttes. Réforme des plafonds ou refonte complète des aides ? Pour le moment, aucune solution ne s’impose.
Sur le terrain, la lassitude domine. « On ne demande pas la lune, juste un système qui ajuste les aides en fonction du réel besoin », souffle Pierre*, retraité depuis onze ans. Entre injustices ressenties, peur d’oublier un droit et difficulté à se repérer dans la jungle fiscale, nombreux sont ceux qui redoutent chaque nouvelle année fiscale.
Et demain ?
L’abattement, censé être un bouclier, se transforme parfois en barrière invisible pour ceux qui en auraient le plus besoin. Le débat sur la refonte du système ne fait que commencer. Entre frustration, nécessité de simplification et recherche d’équité, la fiscalité du grand âge reste sous tension, et les retraités devront rester vigilants face aux évolutions à venir.
Et vous, êtes-vous concerné par ces seuils ou avez-vous vécu ce passage frustrant entre aide accordée et avantage perdu ? Comment le vivez-vous au quotidien ? N’hésitez pas à partager votre expérience ou vos questions. Peut-être qu’en rendant ces situations visibles, des avancées finiront par voir le jour. Cette info a du sens pour vous ? Transmettez-la à vos proches, pour éviter qu’un droit ne leur glisse des mains.
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.



25 réponses
Bonjour
Après l inflation donne a 6% alors que ma mutuelle a augmenté de 10%
Trois ans de suite que l alimentaire a augmante de 20% et plus, on m’a donné généreusement 5.3% d augmentation de retraite.
Les seuils eux on augmente de 1.8% ,
Onclusion on me prend 4.3%de scg soit900 euro pour l année.
Je vais réduire mes dépenses non essentielles touche mais pas coulé
Merci de m avoir lu cordialement
Votre calcul est implacable : les dépenses grimpent, les aides stagnent et la CSG ne fait pas de cadeaux… Vous résumez à merveille ce que vivent des milliers de retraités, pris dans l’étau fiscal. Les seuils évoluent à petits pas, souvent pour des raisons budgétaires, déconnectées du quotidien. Comme vous dites, “touché mais pas coulé”… Un vrai parcours de nageur de fond !
Bonjour
Je partage votre sentiment, pour ma part en couple avec ces calculs de CSG et RDS nous perdons 1200 Euro en cette nouvelle année une véritable honte, pour une dépassement de 498 e de plafond,la dette se creuse à une vitesse vertigineuse, plus de 6000 euros à la seconde notre argent disparaît dans le tonneau des Danaïdes,sans espoir de reprise économique merci aux imbéciles d’avoir fait confiance au Mozart de la finance et son UE mortifère nous sommes perdus juste une question de temps…
Cordialement
Bonjour, et lorsque nous sommes en couple sur la feuille d’impôts et que l’un est en EHPAD depuis plus de 10ans , avec une retraite entre 1300€ et 1380€ pour chacun et un reste à charge de près de 2400€ par mois soit presque de 28000€ pour l’année 2025 . Et même pas de crédit d’impôts, bien sûr pas de réduction puisque pas imposable… Comment le conjoint vit ? De plus, nous avons quand même les cotisations sociales de prélèvées sur chaque retraite. Monsieur était en invalidité depuis 1991 , mais maintenant, ça nous donne quoi ? On avait l’avantage de ne pas payer les impôts locaux, mais maintenant il y a que les fortunés qui les payent, nous avons pas pour autant de réductions d’impôts fonciers… mais le vôté pour un crédit d’impôt sur la facture de l’EHPAD aurait été bienvenu déjà depuis longtemps. Mais ce droit est que pour les personnes à domicile. Comme si c’était un choix un placement en Ehpad en GIR1
Merci de m’avoir lu
Bonne journée
Je confirme que la fiscalité française est une grande injustice. Qui paye les retraités en premier et ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler. Par contre à ceux qui ne font rien ont leur donne toutes les aides qui existent. Il faudrait peut être que les dirigeants réagissent. Nous nous avons travaillé plus de 40 ans pour avoir dignement une retraite
Vous mettez le doigt sur un vrai sentiment d’injustice partagé par de nombreux retraités : on a trimé toute une vie, et la solidarité paraît bancale. La réalité, c’est aussi que beaucoup de bénéficiaires d’aides vivent avec très peu, mais ce qu’il manque vraiment, c’est une approche plus juste et plus lisible pour chacun. En attendant que les décideurs réparent la balance, faire vérifier tous ses droits reste le seul moyen de ne pas se faire avoir par les cases du système !
Ils ont pris leur retraite certains en pré retraite à 55 ans d’autres avant 60 sous F Mitterrand je pense qu’il en ont bien profité. Les générations des années 1960 à 1968 sont obligés de travailler bien plus avec une augmentation de trimestres.Les retraités avant 1960 doivent contribuer quoi qu’il leur en coûte. Ils touchent trop par rapport à ce qu’ils ont cotisés pour être juste il faudrait réduire les toutes leurs pensions de 30% pour équilibrer les comptes afin de les payer au proratas des cotisations qu’ils ont payés ! Ral bol de devoir travailler plus par rapport à ceux qui en profitent plus longtemps je suis des années 1968 et vais devoir travailler 9 de plus que mon père parti en pré retraite ! Pratiquement une décennie quel injustice…
Je comprends vraiment ce sentiment d’injustice, surtout quand on voit l’écart entre générations ! Mais attention, tous les “privilégiés” d’hier ne roulent pas sur l’or aujourd’hui—certains galèrent tout autant avec la vie chère. Et si on transformait la bataille des trimestres en une solidarité entre générations ? La longévité, c’est pas censé devenir un concours de râlerie…
Pas besoin d’être expert comptable, juste regarder en arrière depuis 15 à la retraite, même situation de retraité même train de vie, les années ce suivent, mais chaque année qui passe c’est moins d’augmentation que l’inflation et tout coûte plus chère, alors à la fin du moi on tape dans les économies quand on en a. Sinon c’est les privations.
Ce que vous décrivez, c’est exactement le quotidien que je croise sur le terrain : on serre la ceinture un peu plus chaque année et la fiscalité ne tient pas compte de cette réalité. L’abattement, censé protéger, ne compense pas l’écart grandissant entre revalorisation des retraites et inflation… et dès qu’il n’y a plus d’économies, ce sont les choix douloureux qui commencent. Hélas, économiser sur le beurre (voire la brioche !) n’a jamais fait baisser l’impôt…
Tant que les calculs de l inflation seront truqués par des méthodes mafieuses, la France et les français s appauvriront de plus en plus et ça dure depuis 20 ans ! Exemple : une famille de 4 personnes s offre le “luxe” une fois par mois d acheter de la sole à 25€ le kilo. Elle augmente à 30€ le kilo. Ils renoncent et remplacent par du merlan à 20€ le kilo. L insee va considérer que le ticket moyen des courses de cette famille a baissé d au moins 10€ et va en tenir compte dans le calcul de l inflation : les prix ont baissé!! Voilà comment beaucoup ont renoncé à manger du bœuf voire même de la viande et que l état nous fait croire que l inflation n est que de 0.9%. Ainsi les salaires et les retraites stagnent tandis que l inflation réelle est de 3% voire plus
Votre exemple sur la sole (et le merlan !) illustre parfaitement comment les chiffres officiels décalent la réalité vécue : on change de produit, mais on ne mange ni mieux ni moins cher, juste différemment. Ce tour de passe-passe de l’inflation rend la vie des familles fragiles encore plus compliquée, surtout quand chaque euro compte pour l’accès aux aides fiscales. Pour résumer : pour le fisc, le poisson a baissé… mais dans l’assiette, il y a surtout moins de choix et plus de frustration !
Laretraite de mon couple a ete empuyee de 101 ,gens incompetent et ingerentchange 7 euros mensuelement alors qu elle n avait pas bouge depuis 15 ans environ ,Le pourquoi je me le demande devant cette mafia et ingerence politique cela ne m etonne guere ,il est grand temps que ce systeme de personnes ingerentes soit change!
Je comprends complètement votre ras-le-bol, André : voir sa pension « bouger » de 7 euros par mois après 15 ans d’immobilisme, ça a de quoi faire lever les yeux au ciel… ou les poings ! Ce genre d’ajustement automatique, censé suivre le coût de la vie, manque cruellement d’explications – et ne compense rien dans la vraie vie. Comme vous, je rêve d’un système un peu plus limpide (et un peu moins kafkaïen) pour nos retraites !
Mon revenu annuel est de 13272 euros et donc je dépasse le plafond qui est de 13045 euros, cette année avec l’augmentation de quelques euros du montant de la retraite,au lieu de percevoir 1191 euros mensuel de la Carsat (à cause de la CSG )je perçois maintenant de 1150 euros .
Bernadette, c’est le grand écart fiscal : un petit plus sur la retraite, et c’est tout le reste qui recule… On a le sentiment de jouer à saute-mouton avec les seuils, sauf qu’à la fin, c’est toujours le même qui tombe. Sachez que vous n’êtes vraiment pas seule à ressentir cette double-peine, et il est grand temps qu’on entende enfin cette absurdité des bouts de seuils !
Bonjour
Je suis à la retraite depuis cinq ans j’ai travaillée quarante cinq ans pour avoir une retraite de mille deux cent euros je pense que je n’ ai rien volée.
L année dernière ont nous augmente de dix sept euros en 2025.
Cette année comme je change de tranche pour la CSG.
Ont me prend soixante euros tout les mois.
Chercher se qu il ne va pas.
Tous augmente et nous ont baisse.
Après ont dit que les retraités sont inutiles mais je pense qu’il faut que l ont se réveille.
À bientôt dans les urnes car nous ont vote.
J echangerais bien ma paye avec une personne du gouvernement juste un mois cela me ferait sûrement du bien.
Enfin je pense que beaucoup de personnes sont dans mon cas.
je ne comprends pas que rien ne soit étudié correctement.On nous laisse les 10% d abattement pour nous les retraités.Au moins pour cette année mais on a eu la gentillesse d imposer de la CSG aux plus petits revenus. Ce qui fait que malgré les 0.9% d augmentation ma retraite a diminuée de 70€ par mois. C est lamentable. Je n ai que mes yeux pour pleurer. Merci pour ça. Je suis désespérée car j aide encore ma fille et 2 petites filles. Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer. Merci le gouvernement
Myriam, votre sentiment d’injustice est malheureusement bien réel : l’abattement ne compense plus la CSG ni l’augmentation des charges, surtout quand on soutient enfants et petits-enfants. Je comprends votre ras-le-bol, tant de familles vivent la même équation impossible. Ce n’est pas vous qui pleurez pour rien, c’est le mode de calcul qui manque sérieusement d’humanité… On continue à rendre ces réalités visibles, c’est le premier pas pour espérer du changement. Courage à vous !
Je partage tous le avis qui précédent. Ce système d’abattement que j”‘ai découvert l’an dernier, je le vis actuellement. Il y a une autre épée de Damickes : celle de la perte de la retraite de reversion qui peut elle aussi tomber à tout moment en fonction d’une disparition d’abattement.
Il est urgent que des parlementaires s’attaquent au problème. Ce n’est pas tenable.
Annie, vous mettez le doigt sur une mécanique impitoyable : la moindre variation peut entraîner une double peine, abattement et réversion qui s’envolent… et pas un panneau de signalisation sur la route ! Rester informé et se rassembler pour faire bouger les lignes, c’est indispensable—à croire qu’un GPS fiscal nous éviterait bien des sueurs froides. Courage, vous n’êtes pas seule à trouver tout cela intenable.
Cette année, je dépasse le plafond du revenu fiscal de référence de 25 euros donc j ai recu ma retraite de fevrier avec moins 62 euros de retraite mensuelle en moins ce qui énorme, 749 euros en moins pour l année, pour un depassement de 25 euros du plafond. Ma retraite est revenue au montant de 2024, alors que tout augmente, loyer etc…..
Jeannine, votre témoignage est criant d’injustice ! Dépasser le plafond de 25 € et perdre 749 € sur l’année, c’est l’illustration parfaite de cette “marche” abrupte dénoncée dans l’article. Je vous invite à signaler votre situation à votre caisse de retraite : un recours gracieux ou une demande d’aide sociale peut parfois amortir ce genre de choc, même si, je vous l’accorde, cela relève souvent du parcours du combattant…
Tout est dit dans les commentaires précédents…faire croire que l’inflation 2025 n’est que de 0.9% c’est se foutre de la gueule des gens …mais cela permet a ce gouvernement de limiter la hausse des tranches d’imposition du même taux …et là beaucoup vont changer de taux de CSG parfois comme mois de 20 ou 30 euros pour mes revenus 2025 résultat notre couple va perdre 42 euros par mois soit tout de même 500 euros sur l’année.
Vous mettez le doigt sur le cœur du problème : quand l’inflation officielle fait du surplace, les barèmes fiscaux aussi… mais dans la vraie vie, votre reste à vivre dégringole. L’article soulignait justement combien ce « jeu d’indices » laisse sur le quai tant de foyers modestes. Perdre 500 € juste par un ajustement technique, c’est une sacrée gymnastique budgétaire… Si seulement le fisc pouvait voir les tickets de caisse de nos aidants !