Un matin de février, l’air froid accroche encore la pelouse trempée, mais c’est le long de la rue des Coquelicots que la scène frappe : un alignement de thuyas fatigués, troués de brun, côté jardin. Marie, bras croisés sous son manteau, scrute la vieille haie. « On se cachait derrière quand on était enfants. Maintenant, je me cache pour ne pas voir ça. » À ses pieds, les aiguilles mortes font un tapis grisâtre, autant de souvenirs effrités par la sécheresse et le temps.
La mort annoncée des thuyas, vue du trottoir

Dans cette rue tranquille de banlieue, le vent siffle doucement, soulevant parfois un pan du vieux grillage qu’on devine derrière les haies délabrées. Les oiseaux, autrefois si présents, préfèrent désormais le toit des maisons ou disparaissent dans les espaces plus vivants. Entre deux habitations, le contraste choque : là où une haie de thuya culmine encore, la suivante n’est plus qu’un enchevêtrement de branches cassantes, ravagées par les attaques du bupreste et le manque d’eau.
Louis, voisin de longue date, s’arrête à hauteur de la maison de Marie. Il effleure machinalement l’écorce noircie : « On a beau les arroser, ça ne pousse plus. Il y a des trous partout, la clôture ne protège même plus du regard des passants. » Son ton trahit une pointe d’amertume, presque d’injustice face au travail fourni pendant toutes ces années.
Les professionnels le confirment : le thuya, roi des haies d’antan, ne tient plus la distance. « C’est une essence fragile, très sensible aux sécheresses à répétition et aux maladies. En 2026, la moitié de mes chantiers consistent à enlever des thuyas » explique Simon*, paysagiste venu diagnostiquer la situation. « On arrache des alignements entiers, devenus trop risqués pour le reste du jardin. »
Dans certains coins, il n’y a plus un seul papillon ni mésange, raconte Simon. Le thuya ne nourrit personne, on s’en rend vraiment compte quand tout s’effondre d’un coup.
Renaissance discrète, plantes résistantes : le nouveau pari

Face aux haies dépouillées, la transition s’opère sur le terrain. Simon propose à Marie un mélange de lauriers-tins, de photinias, de troènes et quelques pieds de miscanthus. Le chantier commence dès l’automne : extraction patiente des souches, reprise du sol fatigué, alignement précis des nouveaux plants espacés. L’odeur de terre humide, accentuée par le paillage de copeaux, enveloppe la scène : tout retrouve un parfum de départ.
Pour Louis, le doute persiste : « Je croyais qu’en troquant une haie contre une autre, tout redeviendrait simple… Mais ce patchwork de végétaux, ça va vraiment protéger nos jardins ? » Le paysagiste rassure : « L’idée, c’est de mixer les essences pour éviter toute pandémie végétale. Ces espèces-là tiennent mieux la route. Le laurier-tin, par exemple, c’est un bonheur pour les abeilles et ça se contente de peu. »
Ce que les jardins reprennent : couleurs, abris, vie
Un an après, la transformation s’observe dès la rue. Là où le mur végétal monotone avait cédé, des jeunes pousses rougeoyantes rivalisent avec les feuillages persistants. Sous la canopée naissante, les mésanges picorent le matin, et les abeilles tournent autour des premiers bouquets blancs du laurier-tin. Même Louis l’admet : « J’ai cru devoir tout surveiller, tout tailler… Finalement, ces nouvelles haies vivent leur histoire sans moi. »
À travers ces jardins ordinaires se dessine un écho : le choix de sortir du tout-thuya ne relève pas de la tendance. Il s’agit d’un tournant obligé, dicté par la maladie, le climat et le besoin de recréer un vrai refuge pour la biodiversité, en restant chez soi. Face à l’abandon progressif et à la solitude que représente la chute du thuya, c’est tout le quartier qui réapprend à voir son décor changer – entre deuil discret et espoir feuillu.
Et chez vous, la haie tient-elle bon ou préparez-vous le changement ? Que pensez-vous de ce retour aux variétés mélangées ? N’hésitez pas à partager vos impressions ou à transmettre cet article à vos proches pour en débattre !
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.



47 réponses
Mes thuyas sèche aussi pratiquement la haie complete quel solution adopter quel matériaux remettre. Pour des frais resonable merci d avance
Martin, tu n’es vraiment pas seul : les thuyas tirent leur révérence partout en ce moment ! Pour des frais raisonnables, je conseillerais des jeunes plants locaux comme le laurier-tin ou le troène, faciles à planter soi-même et résistants à la sécheresse. Un peu de paillage maison, et hop, le jardin repart sans vider le porte-monnaie. Courage, ta haie va retrouver sa forme (et ses voisins piétons retrouver le suspense) !
Vous Tailliez le tuyau bien trop ces se qui les fait crevé les professionnels ne vous diront jamais taille douce et la bonne solution trop intéressé par leur argent pour être honnête chez nous depuis 1970 il sont en pleine forme plus de trois mètres bien vert se monde commercial est pourris
Suis heureuse de constater que vos observations sont pleines de bon sens.
Des jardiniers professionnels n’existent pas ou peu ; nous n’avons que des amateurs qui ne désinfectent jamais leurs outils, ou qui vous taillent les arbustes en pleine canicule pour mieux les faites disparaître. Si vous avez un cèdre chez vous, posez la question « vous savez reconnnaître un cèdre » …Vous ne serez pas déçu.
Bonne continuation.
Il vaut mieux ne rien écrire ,plutôt que d’écrire des bêtises pareiles. J’avais 60m de tuyas ,et les ai taillé tous les ans,pendant des années, trente ans après il ne me reste plus rien.
Ma haie de tuyau est morte je l’ai coupée à ras du sol j’ai replanté à 1m du grillage des bambous non traçants, c’est super plus de taille haie très souples qui ondule avec le vent
Bravo pour l’audace du bambou non traçant ! Fini le casse-tête de la taille-haie et bonjour les haies qui dansent avec le vent : on gagne sur l’entretien et sur le plaisir visuel. Plus qu’à profiter des weekend “zéro taille, 100 % zen” !
Bonjour,
J’opte plutôt pour une haie de charmille pour ma limite de voie.
Excellente option, Lebrec ! La charmille coche beaucoup de cases : résistante, joli feuillage, abri pour les oiseaux… Et elle donne ce petit côté “jardin à la française” qui ne manque pas de charme. Ici, on valide à 200 % le choix biodiversité !
Ma haie de thuya est sèche….. J’ai beaucoup de longueur à replanter…. Que mettre qui ne serait pas trop cher et qui n’aurai pas besoin de beaucoup d’eau…. Merci pour vos conseils.
Je comprends bien votre casse-tête, Gorka : une haie de thuyas façon désert, ça donne moyennement envie de poser la chaise longue ! Pour redonner vie sans exploser le budget ni l’arrosoir, le laurier-tin, le troène ou même du miscanthus font des alliés fiables et peu exigeants. En variant les espèces, vous misez sur la résilience… et ça offrira plus de cachettes aux oiseaux que votre ancien alignement de « bâtons secs » !
Bonjour,
Je crois malheureusement que les thuyas sont remplacés par des brises vues en acier, lattes de plastique ou bois
Pour la facilité, on tue la biodiversite
Eleagnus photinia laurier palme laurier fleur
Moi j’ai remplacé les thuyas par des cyprès de leylandi, ca6 pousse vite et est résistant
Le cyprès de Leyland, effectivement, c’est imbattable niveau vitesse de pousse et résistance ! Par contre, côté biodiversité, c’est un peu le fast-food de la haie : ça nourrit surtout nos envies d’intimité, beaucoup moins les abeilles et les oiseaux… Les mélanges proposés dans l’article redonnent justement un peu de vie au jardin !
Le coût n’est pas dans la plantation, mais surtout d’enlever les souches sur une rangée ! Impossible de le faire sans prendre quelqu’un, et au prix de l’heure, impossible de l’envisager. Donc la haie est taillée sur le côté trottoir pour ne pas embêter les piétons et côté jardin elle est encore verte.
Ah, les fameuses souches de thuya… Véritables morceaux de béton enracinés dans la vie quotidienne ! Vous avez raison, l’étape la plus coûteuse n’est pas ce qu’on plante, mais bien ce qu’on doit arracher. Pour limiter la facture, il existe parfois des chantiers participatifs en quartier ou des solutions d’entraide locale – et puis, garder le côté vert côté jardin, c’est aussi une façon rusée de gagner du temps avant la grande reconversion.
Haie de thuyas sèche, foutue.
Souches enlevées avec des chaînes enroulées et traction sur l’attelage d’un 4×4.
Plus qu’à replanter autre chose…
Si les plants ont été assez espacés, il n’est pas utile de dessoucher. Au contraire les racines mortes facilitent la perméabilité du sol, la prospection des racines, et fera de l’humus
Hello,
Perso j’ai mis des pyracanta en rangées autour de chez moi.
J’ai enlevé un pyracantha ainsi que des rejetons. Trop de blessures lors de la taille et dangereux pour les enfants
Sacré choix, Kevin ! Le pyracanta, c’est la haie anti-intrus par excellence : baies pour les oiseaux, épines pour les curieux. Chez vous, la biodiversité et la sécurité sont clairement dans la même rangée !
Vous citez le laurier thym, mais il y a aussi l’olivier de Bohême qui a poussé spontanément dans ma haie de thuyas fatigués, je le laisse en espérant qu’il les remplace. Le laurier sauce également essaie de prendre la place, il devient énorme, et il est persistant. J’en fais des bouquets que je mets un peu partout dans la maison et le sous sol, ils parfument agréablement .
Jamy, vous avez tout compris : l’olivier de Bohême résiste vraiment bien au sec, et le laurier sauce, en mode XXL, c’est deux en un – persistant et aromatique, joli en haie et top en cuisine ! C’est justement cette diversité qui redonne vie aux jardins et, franchement, qui parfume aussi les souvenirs… Je confirme, mixer les espèces, c’est gagner sur tous les plans.
Certes les thuyas ont soufferts depuis 2 ans
Mais pire ce sont mes troenes qui meurent les uns apres les autres quels soins leurs apporter pour arrêter la maladie j en ai sur 50 mde longueur et cette haie est necessaire entre mon voisin et moi,avec qui j ai d Excellent rapport.
Michèle, les troènes ont, eux aussi, leurs faiblesses face aux maladies : pensez à bien aérer la haie par la taille, à enlever les branches atteintes et à privilégier un bon paillage pour le sol. Un peu d’aide des préparations naturelles (purin d’ortie ou savon noir pour les parasites) peut limiter la casse. Comme quoi, même entre bons voisins, c’est parfois la nature qui décide de secouer le décor !
Beaucoup construisent des murs pour n avoir aucun souci…
C’est vrai Dominique, les murs, ça règle le problème du regard, mais pour la biodiversité… disons qu’un papillon a du mal à y planter ses valises ! Les haies mélangées apportent un peu plus de vie, et au moins, on évite la monotonie du béton.
Vous Tailliez le tuyau bien trop ces se qui les fait crevé les professionnels ne vous diront jamais taille douce et la bonne solution trop intéressé par leur argent pour être honnête chez nous depuis 1970 il sont en pleine forme plus de trois mètres bien vert se monde commercial est pourris
Votre haie de thuya est une véritable exception, et c’est toujours bon à entendre ! La taille peut en effet fragiliser si elle est trop sévère, mais les sécheresses et maladies font aussi beaucoup de dégâts aujourd’hui, malheureusement. Chez MyJugaad, on aime aussi le vert qui dure — mais pas au point d’en “tailler” notre honnêteté !
C’est comme la tondeuse thermique pour les pelouses toute le semaine c’est encore de la pollution inutile,la les écolo ont ne les entent pas semez a la place du trèfle bien plus beau a regarder avec les fleurs presque pas de tonte écolo bobo paysagiste avide ces sa la vérité
Vous avez tout à fait raison : le trèfle, c’est un vrai allié de la biodiversité, et il pousse sans réclamer la moindre tondeuse déchaînée tous les samedis ! Côté « bobo paysagiste », l’essentiel, c’est qu’on fasse vraiment évoluer nos jardins pour moins polluer… et si on peut profiter des abeilles et des fleurs à la clé, franchement, que demander de plus ?
Bonjour. Soit vous arrachez tout et vous faites un mur ou vous plantez une haie de Griselinea littoralis. Si vous trouvez que le prix est élevé, faites des boutures en demandant à un propriétaire d’une haie de cette variété de vous donner les branches lorsqu’il l’aura taillée. 100 pour 100 de réussite.
La Griselinea a effectivement la côte depuis quelques années : robuste, persistante, et facile à bouturer, un vrai atout au jardin malin ! Je partage juste un petit plaidoyer pour la diversité végétale : mixer les essences, c’est le meilleur moyen d’éviter la catastrophe totale en cas de maladie. Et puis, plus il y a de couleurs, plus on attire d’oiseaux… et moins on s’ennuie en scrutant sa clôture !
Mes tuyas sèchent aussi. Ce sont des petites araignées 🕷 rouges. Ils faut les traiter, je sais c est pas bien…mais ma haie est répartie.
Bien vu, Chabert : ces “araignées” rouges sont bien des acariens, de vrais squatteurs qui adorent le thuya fatigué ! Même avec un traitement, le thuya reste un peu le point faible du jardin… Parfois, il vaut mieux changer d’équipe végétale avant que les mini-déménageurs ne soient les seuls à s’inviter. Courage !
Pour répondre à chabert , pour les araignées rouges ! Il y a un moyen naturel c’est les coccinelles…
J’ai une haie de tuya qui me protège de la vue vis à vis de mes voisins mais elle a eu la maladie et sèche je vais devoir l’enlever.
Que puis-je mettre à la place qui pousse vite qui cache bien et sans forcement tailler.
Vous pouvez remplacer vos thuyas par du laurier-tin ou du photinia : ces arbustes poussent rapidement, restent bien touffus toute l’année et nécessitent très peu de taille, parfaits pour retrouver de l’intimité sans sortir le sécateur tous les dimanches ! Bonus : ils attirent les oiseaux et les abeilles, un petit plus pour réveiller le jardin.
Dans le sud, ça fait 25 ans qu’on a enlevé les thuyas. Remplacés par photinias, pyracanthas, eleagnus dorés, pittosporum, lauriers rose évidemment, lauriers sauce. Attention pour les lauriers sauce, le système racinaire est impressionnant, ça finit par prendre de la place.
Votre retour sent bon le vécu ! Merci pour la mise en garde sur le laurier-sauce et son appétit d’espace : si on ne veut pas voir sa clôture disparaître façon “Jurassic Park”, mieux vaut anticiper. C’est précieux de rappeler qu’avec les plantes, la sagesse locale fait souvent la différence sur le long terme.
L’Eleagnus compacta et le Laurier du Portugal Brenelia sont également des bons choix en mélange.
Tout à fait Nikoss ! L’Eleagnus compacta et le Laurier du Portugal Brenelia s’intègrent parfaitement dans un mix de haies résistantes : chacun apporte sa texture et ses couleurs, c’est un vrai festival végétal pour le jardin… et pour la biodiversité ! Comme quoi, sortir du « tout thuya » ouvre vraiment l’horizon, même pour les mésanges curieuses.
Merci pour ces conseils, j’envisage moi aussi d’arracher mes tuyas âgés de 60 ans , quand même! je pense mettre à la place des ifs, peu onéreux et de taille facile. qu’en pensez vous?
C’est impressionnant, 60 ans de bons et loyaux services pour vos thuyas ! Les ifs, c’est solide et facile, mais pour un jardin qui bourdonne de vie, je vous conseille de glisser quelques lauriers-tins ou photinias parmi eux. Mélanger un peu, c’est offrir le buffet aux oiseaux et aux abeilles !
Bonjour
J ai eu 2 devis ahurissant pour Arracher ma haie de Leyland ( environ 60 mètres)
Qq un peut-il me dire le vrai prix?
Couper à raz et replanter n est pas évident car certains endroit sont déjà très proche du passage dallé et pas possible de modifier
Merci bcp
Camille, pour 60 mètres de Leyland à arracher, les prix peuvent facilement grimper, surtout si l’accès est difficile ou les racines proches des dalles (comptez entre 30 et 70 €/m selon la région et la complexité… oui, ça fait beaucoup !). Faire jouer la concurrence est essentiel, certains paysagistes savent ruser pour replanter malin là où l’espace manque. Au pire, votre haie n’est peut-être pas la seule à vouloir faire sa diva côté devis !